A partir du 1erjanvier 2019 : usage des pesticides par les particuliers et jardiniers amateurs sera interdit

A partir du 1er janvier 2019, la loi modifiée du 6 février 2014 visant à mieux encadrer l’utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national interdit l’usage des produits pesticides pour les particuliers.

L’utilisation et la détention de pesticides à usage non professionnel sont interdites, à l’exception des produits de biocontrôle ainsi que des produits dont l’usage est autorisé en agriculture biologique.

Etre acteur de la préservation de son environnement

Ce qui convient le mieux, c’est encore de changer de pratiques pour vos jardins, potagers, balcons. Sur le web, vidéos, mooc (cours d’enseignement sur internet), boîtes à outils, fiches pratiques, et autres formes de conseils sont disponibles pour vous aider à jardiner autrement : connaître la nature de son sol, se familiariser avec les insectes auxiliaires, connaître les associations bénéfiques des plantes, désherber les mauvaises herbes en utilisant l’eau bouillante ou la binette…

L’agence de l’eau sensibilise sur les changements de pratiques

La pollution par les pesticides est un enjeu identifié dans le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux, Sdage 2016-2021. Présenté dans le chapitre 4 « Maîtriser et réduire la pollution par les pesticides », l’agence de l’eau sensibilise aux changements de pratiques pour préserver l’eau et les milieux aquatiques (économies d’eau, gestion des eaux pluviales dans un contexte de changement climatique…).

Bienvenue dans mon jardin au naturel - UNCPIE (75)

Vidéo - Bienvenue dans mon jardin au naturel - UNCPIE (75)

Chaque année, l’Union national des CPIE* organise l’événement « Bienvenue dans mon jardin au naturel ». Des jardiniers amateurs ouvrent leurs jardins pour échanger sur le jardinage au naturel : sans pesticides ni engrais chimiques. Lauréat des Trophées de l'eau Loire-Bretagne 2017

juin 2017

© C tout vu - Agence de l'eau Loire-Bretagne

Voix off : « Chaque année, en juin, ils sont des centaines à pousser le portail du jardin de Joseph. Amoureux de la nature, jardiniers confirmés ou simples curieux, ils sont désormais des milliers en France à partager les bonnes pratiques pour faire pousser les tomates sans pesticide et désherber sans produit chimique. En quatre ans, Bienvenue dans mon jardin au naturel est devenu le rendez-vous des cultivateurs du dimanche. »


Arnault SAMBA, chargé de mission eau à l’Union nationale des CPIE : « Le dispositif Bienvenue dans mon jardin au naturel est né ici au CPIE Loire-Anjou en 2013. Alors, le principe de l’opération, c’est avant tout d’ouvrir des jardins de particuliers et de faire découvrir au grand public toutes les techniques dites de jardinage au naturel qui ne nécessitent ni engrais chimiques ni pesticides. On est à peu près à 20 000 visiteurs par an sur l’ensemble des jardins sur le bassin Loire-Bretagne. En 2016 on était à 216 jardins avec près de 13 000 visiteurs. L’Union nationale des CPIE pilote le dispositif national en développant des supports de communication spécifiques et aussi en valorisant cet événement via des médias nationaux et locaux. »


Vincent MAHE, directeur adjoint du CPIE Loire-Anjou : « On voulait vraiment que ce soit le jardinier qui parle à d’autres jardiniers et qui fasse découvrir son jardin. On sait que c’est souvent par l’exemple qu’on peut arriver à faire avancer les comportements. Montrer qu’on n’est pas seul à changer ses actions en matière d’environnement, d’amélioration de la qualité de l’eau, c’est toujours très agréable. Beaucoup d’échanges, de sourires, c’est vraiment aussi cet esprit de convivialité qui était recherché pour donner envie en fait à ceux qui encore utilisaient des pesticides de passer au zéro pesticide. C’est un objectif qu’on a avec l’Agence de l’eau, c’est l’amélioration de la qualité de l’eau sur tous nos bassins versants. On visite chaque jardin parce que c’est important, on vérifie que les critères du zéro pesticide sans engrais chimique sont bien respectés. En 2017, on va être jusqu’à 28 jardins d’ouverts sur tout l’Anjou, donc on va sans doute battre des records de fréquentation. L’année dernière on avait 1 800 personnes. On espère atteindre les 2 000 en deux jours. »


Joseph GALLARD, jardinier hôte : « Je jardine comme le faisait mon grand-père, en fait. C’est à l’air libre et c’est production naturelle. Les visiteurs qui viennent dans mon jardin, j’essaye de leur expliquer le système dans lequel on vit : il faut travailler avec la nature telle qu’elle le fait elle-même. Toutes les herbes ont une utilité. Là c’est de la bourrache, c’est une fleur dont on se sert pour décorer les salades. Ca c’est du fumeterre : ça va faire de l’engrais. Le savoir pour moi c’est gratuit, on enrichit nos connaissances de génération en génération. »

 

Pratique d'un jardinage au naturel

Vidéo - Pratique d'un jardinage au naturel

Animations, démonstrations pour limiter les pesticides auprès des jardiniers amateurs, tous les outils sont dans la « caravane main verte » du réseau d'éducation à l'environnement du Pays de Fougères. La caravane sillonne les routes d'Ille-et-Vilaine. Lauréat des Trophées Loire-Bretagne 2013

octobre 2013

© Agence de l'eau Loire-Bretagne

En Ille-et-Vilaine, le réseau d’éducation à l’environnement du Pays de Fougères a créé la caravane main verte, un camion qui permet d’organiser des animations sur tout le territoire pour sensibiliser les habitants au jardinage au naturel.

(musique, les habitants et la caravane sont filmés)

Yves Leroux, président du réseau d’éducation à l’environnement du Pays de Fougères : Le réseau d’éducation à l’environnement du Pays de Fougères fédère l’ensemble des acteurs de l’éducation à l’environnement, du territoire et a vocation à fédérer l’ensemble de ces acteurs pour créer des évènements significatifs d’importance départementale. Ce sont des manifestations qu’aucun des membres ne pourraient monter indépendamment, donc c’est la création de synergie et de complémentarité.

Ludovic Juignet, coordinateur du projet Caravane main verte : C’est un projet collectif qu’on a inventé avec plusieurs associations, syndicats d’eau, syndicats de déchets. On a organisé des journées sédentaires sur le Pays de Fougères depuis des années, et on s’est dit qu’il fallait qu’on aille plus à la rencontre des habitants. On va là où il y a des évènements organisés par les communes ou les associations. Notre idée c’est d’échanger avec les habitants, sur tous les problèmes qu’ils peuvent avoir au niveau de la gestion de leurs déchets organiques. Notamment leurs déchets verts, et l’utilisation des produits phytosanitaires, les pesticides pour parler concrètement. On essaie d’accompagner les habitants à réduire tout cela en ayant des techniques de jardinage naturel de compostage (à l’image : Ludovic Juignet montre aux habitants les outils de jardinage). On va proposer différents ateliers sur le compostage et le paillage. On va avoir un atelier spécifique sur la fabrication de l’abri auxiliaire, pour montrer que dans notre jardin et autour de notre jardin, il y a pleins d’animaux qui sont plus utiles que nuisibles, (à l’image : à un stand de démonstration, des enfants regardent les animaux du jardin en photos et dans des bocaux) alors qu’on pensait l’inverse il y a quelques années. Il y a des stands aussi sur le risque avec les pesticides et les alternatives qu’on a en termes de désherbage des cours et des espaces autour de la maison. On a des stands plus ludiques, et des stands autour des mauvaises herbes. Qu’est-ce qu’on peut en faire en terme de décoction de plantes, purin de plante et autres ? À quoi ça sert, qu’est-ce que ça peut apporter à nos plantes dans nos jardins ? On a même un atelier cuisine sauvage aujourd’hui. On a des ateliers autour d’un jardin d’agrément : quelle biodiversité dans nos jardins, en faune et en flore ? Sur les 3 dernières années, on a fait 250 animations, avec un grand réseau de bénévoles présents sur le territoire. C’est des animations qui peuvent être autour d’une visite de jardin, soirées d’échanges autour d’un diaporama, d’un film. Avec un camion expo, rien à vendre mais beaucoup à échanger. Pas mal d’initiatives et une participation pas simplement des animateurs mais aussi des élus, des bénévoles.

(à l’image : les acteurs réseau d’éducation à l’environnement du Pays de Fougères, du SMPBC, SMPBR, et de l’association Calendula se présentent face à la caméra)

Joseph Erard, vice-président du syndicat mixte de production du bassin du Couesnon : l’intervention de la caravane main verte sur le Pays de Fougères a déjà touché plus de 70 % des communes. Elle est là, non pas pour vendre, mais pour exposer, c’est donc très intéressant. Elle s’adresse à tout le monde, aux enfants, aux particuliers sur différentes méthodologies, pour les pelouses, pour entretenir sur tout l’ensemble. C’est un projet qui a été soutenu par les syndicats d’eau, et aujourd’hui, au-delà des financements par les contrats de bassins-versants on a aussi une action de financement propre sur nos fonds.

(à l’image : Michaël Lemée montre aux habitants la biodiversité des espaces publics)

Michaël Lemée, Syndicat mixte de production du bassin rennais (SMPBR) : le secteur alimente en eau potable le bassin rennais, et nous çà nous concerne en priorité parce que, la source, l’eau brute, est confrontée à des pollutions. Des pollutions par les nitrates qui sont plutôt d’origine agricole,  et puis autrement ce sont des pollutions qui sont plutôt d’origine mixte : collectivités, particuliers, un peu tout le monde, pour ce qui concerne les pesticides (à l’image : les habitants visitent un jardin au naturel). Les gens se sentent concernés parce que tout le monde jardine un peu chez soi. En discutant, on arrive à faire passer les bonnes pratiques plutôt que les mauvaises.

(musique, à l’image : fleurs et potagers du jardin au naturel)

Michelle Beaufils, présidente de l’association Calendula : Calendula, c’est une association de jardiniers qui cherchent à jardiner de manière naturelle. On n’utilise pas de produits issus de la chimie de synthèse. C’est du jardinage qui utilise la chimie naturelle (musique, à l’image : exemples de culture naturelle : menthe poivrée, artichaut, fraises, fleurs…). On sent qu’il y a de plus en plus de gens à venir vers le naturel. Est-ce que c’est l’effet de la caravane ? Je pense plutôt que c’est un tout. Comme le champignon et le mycélium, ça pousse partout, d’un coup en même temps.

(musique, à l’image : des enfants et des adultes se promènent dans le jardin au naturel)

Le réseau d’éducation à l’environnement du Pays de Fougères a été lauréat des Trophées de l’eau 2013. Concours de l’agence de l’eau Loire-Bretagne.

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CPIE, Bienvenue dans mon jardin au naturel
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Ministère de l’Ecologie : Lutte contre les pollutions de l’eau

Ademe : « Moins de produits toxiques : des conseils pour s’en passer à la maison et au jardin»

En savoir plus

Légifrance : LOI n° 2014-110 du 6 février 2014 visant à mieux encadrer l'utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national
Version consolidée au 04 décembre 2018

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