Économiser l’eau de fabrication de produits de contraste pour l'imagerie médicale

Vidéo - Économiser l’eau de fabrication de produits de contraste pour l'imagerie médicale

Le groupe Guerbet, spécialisé dans l’imagerie médicale, met en place un système de recyclage pour économiser l’eau et réduire les rejets polluants sur son site de Lanester dans le Morbihan.

© Une Image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne

Voix-off :

Guerbet, c’est un groupe industriel de produit de santé, familial, français et international, pionnier de l’imagerie médicale, 8 sites de production et 2 700 salariés dans le monde. Depuis 40 ans, à Lanester, sur l’un des 4 sites français de la société, les équipes produisent des principes actifs, une poudre blanche. C’est la base des produits utilisés par les radiologues pour réaliser du contraste dans le corps d’un patient pour des rayons X ou une IRM.

Frédéric PÉTRUS - Directeur du site - Guerbet – Lanester (56)
«Voilà à quoi ressemble un principe actif pour un produit de contraste. C’est une poudre blanche, qu’on va venir mettre ensuite en solution dans nos usines pharmaceutiques. C'est un environnement où il y a énormément d'innovation. On arrive à développer des processus qui sont de plus en plus protecteurs de l'environnement. »

Voix-off :

L’usine tourne 24 heures sur 24. 800 tonnes de principes actifs sont produites ici chaque année.

L’impact sur l’environnement

Voix-off :

Le site industriel classé SEVESO, est installé au cœur d’une zone d’activités : des entreprises, quelques maisons individuelles, au bord d’un cours d’eau et à moins de 2 kilomètres de la rade de Lorient...un contexte environnemental sensible pour un fabricant de produits chimiques. Alors, il y a 20 ans, Philippe Le Ruyet, ingénieur et chef de projet, est devenu l’expert environnement de la société bretonne.

Philippe LE RUYET - Ingénieur environnement - Chef de projet - Guerbet – Lanester (56)
«Quand on a compris ce qu’est l'environnement, soit on le prend comme une contrainte, soit on le prend comme un levier d'amélioration. »

Les actions

Voix-off :

Du savoir-faire, de l’innovation, de l’iode solide, et plus de 187 000 mètres cubes d’eau du réseau chaque année : voilà les ingrédients des produits fabriqués ici. Alors, pour économiser l’eau, et rejeter moins de polluants : un système de recyclage des eaux de process a été mis en place. Dans des cuves géantes, les rejets industriels, sont filtrés, du bio-traitement, une dégradation biologique des effluents.

Philippe LE RUYET - Ingénieur environnement - Chef de projet - Guerbet – Lanester (56)
«Lorsqu'on fabrique des produits de contraste, on génère des quantités importantes d'effluents qui contiennent de l'iode. On se doit de les pré-traiter sur une filière biologique. On va dépolluer les effluents, traiter ces effluents-là, récupérer l'iode grâce à une nano-filtration.. »

Frédéric PÉTRUS - Directeur du site - Guerbet – Lanester (56)
«On traite tous nos effluents sur le site. L'essentiel de nos dernières récupérations d'eau, on les a effectuées avec notre ultra filtration et nano-filtration. On a fait de très, très grosses récupérations d'eau qu'on réutilise sur notre incinérateur. »

Philippe LE RUYET - Ingénieur environnement - Chef de projet - Guerbet – Lanester (56)
«Là, on est tout en haut de l'incinérateur. On est à peu près à une quinzaine de mètres au-dessus  du niveau du sol. La température d'incinération est de 1100 degrés et c'est cette température là qui va permettre de dégrader les molécules organiques iodée. »

Voix-off :

L'incinérateur brûle les rejets. L'iode est récupérée et les eaux bio-traitées sont utilisées pour refroidir les gaz de combustion de l'incinérateur.

Philippe LE RUYET - Ingénieur environnement - Chef de projet - Guerbet – Lanester (56)
«L'iode coûte très cher, c'est le principe actif de notre procédé de fabrication. Donc, cette iode-là a un intérêt économique, mais également un intérêt aussi écologique. Car si effectivement, on ne récupère pas cet iode, on va retrouver cette iode dans les effluents qu'on va rejeter dans le milieu naturel. »

Le résultat

Voix-off :

Bilan : 30 000 mètres cubes d’eau sont économisées chaque année, c’est 20 % de la consommation totale de l'usine. L’iode est réutilisée et la consommation de gaz a baissé. Des essais industriels, à l’installation : le projet a duré 3 ans. Montant de l'investissement : 110 000 euros, financé à 40 % par l’agence de l'eau Loire-Bretagne.

Jean-Pierre ROUAULT - Chargé d’interventions - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« Là, on est sur un site qui, historiquement, a pris l'environnement en compte très en amont. C'est vraiment une logique globale sur le site, où on recherche tout le temps à optimiser l'ensemble des éléments environnementaux. »

Les perspectives

Voix-off :

Guerbet Lanester, 220 salariés aujourd’hui,  est un site en pleine croissance. Le volume de production va doubler, ces 5 prochaines années, avec un objectif environnemental : maintenir, voire réduire la consommation d’eau sur le site.

Frédéric PÉTRUS - Directeur du site - Guerbet – Lanester (56)
«Garder nos contraintes environnementales et même s'améliorer si on peut le faire, tout en gardant ses perspectives de production. C'est vraiment un très, très gros enjeu, un très, très gros challenge. »

Jean-Pierre ROUAULT - Chargé d’interventions - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« En Bretagne, on a toujours focalisé sur le volet qualitatif. Le volet quantitatif, aujourd'hui, il devient prépondérant. Il y a le réchauffement climatique qui arrive. Ça va poser des problèmes. Il va falloir partager l'eau. On est vraiment là, présent, pour les accompagner, mettre en œuvre les plans d'actions pour atteindre les objectifs de réduction de consommation que l'on se fixe tous.. »

Frédéric PÉTRUS - Directeur du site - Guerbet – Lanester (56)
«On relève les challenges et c'est possible. »

Voix-off :

En Bretagne, Guerbet, un site atypique dans un univers essentiellement agro-alimentaire, est également engagé dans un programme qui incite les industriels à économiser l’eau : Ecod’O, une initiative de la Chambre de commerce et d’industrie, avec la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de Bretagne, accompagnée par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne.