246 millions d'euros en 2020 pour l'eau et les milieux aquatiques

Le 10 décembre 2020, s’est tenu le dernier conseil d’administration de l’agence de l’eau Loire-Bretagne, l’occasion de faire le point sur les aides versées en 2020. Éclairage sur les aides financières de l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Plus de 4 200 projets financés pour près de 246 millions d’euros

Des projets portés par les collectivités, les acteurs économiques et les associations pour lutter contre les pollutions, restaurer les milieux naturels, améliorer la surveillance, sensibiliser ou encore assurer la solidarité internationale.

En 2020, l’agence de l’eau Loire-Bretagne attribue près de 246 millions d’euros d’aides financières. 30 % est dédié aux projets ciblés pour dynamiser les investissements pour l’eau face aux conséquences économiques de la crise sanitaire de la COVID-19.

80 millions d'euros aux collectivités pour l’épuration et la gestion des eaux de pluie

 

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Dans les Pays de la Loire par exemple, une aide financière d’un montant de 3,3 millions d’euros est engagée pour des systèmes d’assainissement prioritaires.

L’agence de l’eau Loire-Bretagne et la communauté d’agglomération de la presqu’île de Guérande-Atlantique (CAP Atlantique), située sur les départements de la Loire-Atlantique et du Morbihan, se mobilisent en 2020. Ils signent un accord pour améliorer la qualité des sites conchylicoles, de baignades et de gisements pour la pêche à pied. Quels sont les enjeux ?

Le territoire est marqué par des pollutions d’origine bactériologique (Escherichia coli et entérocoques) et virale (norovirus). Les travaux ciblent des systèmes d’assainissement dits prioritaires au regard des impacts sur la qualité de l’eau : suppression de sources localisées de pollutions bactériologiques sur le littoral (contrôle des branchements, équipement de terrains autorisés d’accueil des cirques et gens du voyage, collecte des eaux de nettoyage des marchés …), réduction des intrusions d’eaux parasites vers le réseau d’eaux usées (bâches tampons), suppression des rejets directs d’eaux usées (mise en conformité des branchements) ou encore adaptation au changement climatique (réutilisation des eaux usées traitées).

Cet accord vient renforcer les actions déjà engagées par Cap Atlantique en faveur de la reconquête de la qualité des eaux et des milieux humides. Le coût total des travaux est de 7,6 millions d’euros pour une aide de l’agence de 3,3 millions d’euros.

20 millions d’euros aux collectivités rurales et urbaines pour améliorer la qualité du service d’eau potable

 

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En Auvergne-Rhône-Alpes par exemple, une aide financière d’un montant de 1,5 million d’euros pour restructurer le réseau d’adduction des sources du Rayet.

Le syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable (SIAEP) du Cézallier dessert 14 600 abonnés du Nord-Ouest de la Haute-Loire. 80 % de son alimentation en eau potable provient des sources du Rayet, 25 kilomètres en amont sur le plateau du Cézallier à 1 300 mètres d’altitude. Seuls 55 % des volumes d’eau prélevés sont acheminés jusqu’aux consommateurs.

Le projet permettra de sécuriser l’approvisionnement en eau en restructurant le réseau de distribution et en augmentant  les volumes d’eaux stockées en tête de bassin versant. Un enjeu notamment, laisser plus de temps d’intervention en cas de défaillance. La suppression des délestages et des fuites d’eau permettra également de réduire significativement les prélèvements d’eau et de restituer 1 million de m3 d’eau directement en tête de bassin versant afin de restaurer des milieux humides et de réalimenter la Voireuze, affluent de l’Alagnon. Le coût du projet est de près de 7 millions d’euros. L’agence apporte un financement de 1,5 million d’euros.

21 millions d’euros pour l’animation des politiques de l’eau et la sensibilisation aux enjeux de l’eau

 

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En Bretagne par exemple, une aide financière d’un montant de 1,9 million d’euros pour des actions concertées sur la Flume, l’Andouillé et l’Illet.

Situé en Ille-et-Vilaine, département où seulement 3 % des cours d’eau sont en bon état, le syndicat mixte des bassins de l’Ille, de l’Illet et de la Flume est le résultat de la fusion au 1er janvier 2020 de trois syndicats. Le bilan de l’action menée sur les trois bassins versants a permis l’élaboration d’une nouvelle feuille de route pour la période 2020-2025. Des travaux prioritaires pour trois cours d’eau, la Flume, l’Andouillé et l’Ille,t visent la restauration des cours d’eau, l’amélioration de la qualité de l’eau (pesticides, phosphore) et la limitation du ruissellement.

Le programme d’actions du contrat territorial signé pour la période 2020-2022, en partenariat avec la collectivité Eau du Bassin Rennais, les maîtrises d’ouvrages associées agricoles et les établissements publics de coopération intercommunale (Rennes Métropole, communautés de communes Val d‘Ille Aubigné et Liffré-Cormier Communauté), comporte trois volets d’interventions. Ce contrat correspond à un engagement politique fort pour atteindre les objectifs fixés par l’Europe sur le territoire des bassins versants de l’Ille, de l’Illet et de la Flume. Le montant financier est de 3,5 millions d’euros (hors bocage). Le montant d’aides de l’agence de l’eau Loire-Bretagne s’élève à 1,9 million d’euros.

En Auvergne-Rhône-Alpes par exemple, une aide financière d’un montant de 417 000 euros pour 10 captages prioritaires.

Le syndicat mixte des eaux de l’Allier (SMEA) et la chambre départementale d’agriculture ont pour mission l’animation générale et l’animation technique du contrat territorial des dix captages prioritaires de l’Allier. Ce contrat couvre huit captages prioritaires sur la nappe d’accompagnement de l’Allier et deux sur la Loire, soit 562 km2 pour 120 exploitations agricoles concernées. Les enjeux sont la réduction des nitrates (trois captages présentent des concentrations supérieures à 50 mg/L) et des produits phytosanitaires (réduction de la présence de Métolachlore-ESA et réduction des concentrations totales en dessous de 0,1 µg/L).

S’appuyant sur l’expérience d’un premier contrat territorial, les partenaires ont bâti un programme d’actions exigeant qui passe notamment par l’animation de réseaux d’agriculteurs « collectif azote », la valorisation des expérimentations locales, la diversification des assolements, une meilleure gestion de la matière organique, le désherbage mécanique et le développement de nouvelles filières de production « bas intrants ». Le coût prévisionnel du contrat sur les trois premières années est de 840 000 euros avec un financement agence de 417 000 euros.

41 millions d’euros aux collectivités pour préserver la qualité et la richesse des milieux aquatiques

 

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En Centre-Val de Loire par exemple, une aide financière d’un montant de 33 690 euros pour restaurer l’habitat aquatique d'un amphibien,  le Pélobate - une espèce menacée

En 2019, Loiret Nature Environnement (LNE) a confirmé l’enjeu d’une bonne fonctionnalité écologique du site Natura 2000 « Nord-Ouest Sologne » pour le Pélobate brun. En 2020, le conservatoire des espaces naturels Centre-Val de Loire (CEN CVL) entreprend des travaux de restauration pour l’habitat aquatique de cet amphibien sur la commune de Lailly-en-Val  dans le Loiret. Le site des mares de Villenouan représente un enjeu national pour cette espèce exigeante. 80 % des individus présents en région Centre-Val de Loire sont sur ce site.

Pour sécuriser le cycle complet de ce batracien, les opérations de gestion ont consisté à créer de nouvelles mares et  à aménager les mares existantes (curage du fond, talutage des berges et gestion de la végétation). Ce projet est financé dans le cadre de l’appel à projets « accompagnement des plans nationaux d’actions » de l’agence de l’eau Loire-Bretagne. Les résultats attendus de ce partenariat entre LNE et le CEN CVL sont la reproduction d’une grande diversité d’amphibiens protégés.

Au-delà d’une préservation d’une biodiversité remarquable quasi unique au niveau France sur ce site, les travaux ont permis de mettre en place une opération durable : l’installation d’un agriculteur bio sur le site avec des pratiques agricoles adaptées à la préservation des mares et du cycle de vie des amphibiens. Le coût total des travaux s’élève à 67 380 euros pour un montant d’aide de l’agence de 33 690 euros.

35 millions d’euros pour la gestion quantitative et les économies d’eau

 

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En Nouvelle-Aquitaine par exemple, une aide financière d’un montant de 9,2 millions d’euros pour lier des enjeux de quantité, de partage, de biodiversité et de qualité de l’eau.

Le conseil d’administration de l’agence de l’eau valide, en 2020, la première tranche de travaux portant sur le financement de six projets de réserves avec une aide de 9,2 millions d’euros.

Cette décision découle de l’engagement pris par les partenaires dont celui de l’agence de l’eau. Un premier contrat territorial de gestion quantitative a été déployé sur la période 2012-2017 et a permis de mobiliser les irrigants du territoire autour d’un projet global mutualisé, le projet territorial de gestion de l’eau (PTGE ).
Face un contexte de changement climatique de plus en plus prégnant, le projet fait partie des solutions qui peuvent être mises en œuvre permettant de prélever l’eau  lorsqu‘elle est disponible (hiver) pour l’utiliser en période d’étiage (été).

Ces solutions sont pleinement intégrées à un projet global incluant le changement de pratiques agricoles (changement de cultures, rotations longues, évolution vers l’agro-écologie, l’agriculture biologique, …), des actions permettant d’améliorer la qualité de l’eau (réduction de l’usage des pesticides et des autres intrants) et des actions de restaurations de la biodiversité (la restauration du maillage de haies).
L’agence de l'eau attend et veillera à ce que les engagements des différents partenaires soient tenus et respectés dans la durée.

42 millions d’euros pour lutter contre les pollutions diffuses et protéger les captages

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Dans les Pays de la Loire par exemple, une aide financière d’un montant de 106 147 euros pour la conversion à l’agriculture biologique.

La SARL AgroLogic (Mayenne) s’engage à convertir 690 hectares en agriculture biologique en Mayenne, en Sarthe et en Ille-et-Vilaine au sein de sept contrats territoriaux comprenant vingt captages prioritaires. Ces captages sont tous concernés par des pollutions aux produits phytosanitaires.

Les porteurs des contrats, syndicat du bassin de l’Oudon (53), régie des eaux des Coëvrons (53) et Eaux du bassin rennais (35) sont fortement associés. L’objectif de la société est de mieux valoriser les graines biologiques locales pour l’alimentation humaine. Elle investit pour transformer des graines « brutes » en graines décortiquées, toastées, en farine et en huile et les embouteiller ou ensacher pour le marché local. L’ensemble de ces investissements coûte 1,06 million d’euros sur un projet global de 2,68 millions d’euros. L’agence de l’eau Loire-Bretagne accompagne à hauteur de 106 147 euros, soit 10 % du coût du process, aux côtés de l’agence bio et de la région Pays de la Loire. L’aide de l’agence est conditionnée à l’atteinte des objectifs de surfaces nouvelles en bio sur les territoires des contrats.

7 millions d’euros aux acteurs économiques pour la dépollution industrielle

 

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En Centre-Val de Loire par exemple, une aide financière d’un montant de 109 828 euros pour recycler les eaux de lavage.

Dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), l’entreprise MONIN sur le bassin hydrographique Yèvre/Auron, engage, sur son site de production de sirops à Bourges, une démarche visant à réduire de façon significative et durable ses consommations en eau.

Les travaux financés concernent la mise en place d’un recyclage interne des eaux de lavage ou de rinçage : 13 000 m3 d’eau seront économisés sur un territoire classé en zone de répartition des eaux du Cher, sur lequel l’eau manque. Le coût total des travaux retenu s’élève à 219 677 euros pour une aide de l’agence à hauteur de 109 828 euros. Retenue par le dispositif « France Expérimentation », cette démarche vise à terme le zéro rejet, une première dans le domaine de l’agro-alimentaire. Des études plus approfondies sont en cours pour permettre un recyclage total des eaux.

Le bilan 2020 des aides Loire-Bretagne en quelques chiffres :

246 millions d'euros dont :

  • 80 millions d’euros aux collectivités pour l’épuration et la gestion des eaux de pluie
  • 20 millions d’euros aux collectivités rurales et urbaines pour améliorer la qualité du service d’eau potable
  • 21 millions d’euros pour l’animation des politiques de l’eau et la sensibilisation aux enjeux de l’eau
  • 41 millions d’euros aux collectivités pour préserver la qualité et la richesse des milieux aquatiques
  • 35 millions d’euros pour la gestion quantitative et les économies d’eau
  • 42 millions d’euros pour lutter contre les pollutions diffuses et protéger les captages
  • 7 millions d’euros aux acteurs économiques pour la dépollution industrielle

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