Éclairage sur les aides financières de l'agence de l'eau Loire-Bretagne

En 2021, l’agence de l’eau Loire-Bretagne engage 340 millions d’euros d’aides pour 4 720 projets pour l’eau et les milieux aquatiques. Éclairage sur les aides financières..

Le 14 décembre, s’est tenu le dernier conseil d’administration de 2021 de l’agence de l’eau Loire-Bretagne. C’est l'occasion de faire le point sur les aides engagées en 2021 par l’agence de l’eau dans le cadre de son 11e programme d’intervention et du plan gouvernemental France Relance.

45% des aides pour des actions en faveur du changement climatique

4 720 projets sont  financés par l'agence de l'eau Loire-Bretagne pour un montant de près de 340 millions d’euros d'aides en 2021. Des projets portés par les collectivités, les acteurs économiques et les associations pour lutter contre les pollutions, restaurer les milieux aquatiques, améliorer la surveillance des milieux, sensibiliser aux enjeux de l'eau ou encore assurer la solidarité internationale.

L'eau est un des marqueurs principaux du changement climatique. En 2021, près de 45 % du programme de l’agence de l’eau Loire-Bretagne est consacré au changement climatique : services fondés sur la nature, gestion et partage de la ressource, économies d’eau, gestion durable des eaux de pluie, étude, sensibilisation, communication…

Zoom sur quelques projets aidés

L’adaptation de l’estuaire de la Loire au changement climatique

L'agence de l'eau accompagne les réflexions en cours pour adapter l’estuaire de la Loire au changement climatique.

Avec le changement climatique, le littoral et en particulier l'estuaire de la Loire, seront de plus en plus menacés par la montée des eaux et le risque de submersion marine. Le conservatoire du littoral, en partenariat avec le conseil départemental de Loire-Atlantique, la commune de Corsept et la communauté de communes Sud Estuaire, mène une réflexion collective et prospective pour adapter l'estuaire de la Loire au changement climatique. Il accompagne ainsi la commune pour réfléchir au devenir de son territoire dans un contexte d'évolution du trait de côte. Et il expérimentera, à partir de 2022 sur la commune du Pellerin, la reconnexion de plans d'eau à la Loire.

Objectif : reconquérir les milieux aquatiques et la faune piscicole associée.

Seront aussi conduites à partir de 2022, des études de faisabilité de travaux pour désartificialiser et ré-estuariser des plans d'eau dans une propriété de 23 hectares, un ancien domaine de chasse en déprise, acquis en 2019 par le conservatoire du littoral. Il s'agit, sur la rive Sud de l'estuaire de la Loire de :

  • créer des habitats propices au développement de la biodiversité (zones de refuge et de reproduction pour les poissons),
  • de recréer des surfaces marnantes, c'est-à-dire découvertes ou recouvertes par l'eau au cours des marées,
  • de suivre l'évolution des communautés animales et végétales, et la sédimentation probable des plans d'eau après la réouverture.

Retenues au titre de l’appel à initiatives « Biodiversité marine » de l'agence de l'eau Loire-Bretagne de 2020, ces deux actions (Corsept et Le Pellerin) bénéficient au total d’une subvention de l’agence de l’eau Loire-Bretagne de 70 % sur un montant total d'environ 285 000 euros (études, animation et suivi du projet sur trois ans).

La réduction de la consommation d'eau d'exploitants de serres

En 2021, l’agence de l’eau Loire-Bretagne accompagne la société civile d'exploitation agricole « les serres la Brasardière ».

Les « serres la Brasardière » exploitent 3 hectares de serres de tomates sur la commune de Mordelles, dans le département d’Ille-et-Vilaine (35). Afin d’adapter son approvisionnement et ses besoins en eau face aux conséquences du changement climatique, tous les collecteurs d’eaux pluviales de serres existants sont repris en mars 2021 pour être acheminés dans un nouveau bassin de stockage. La mise en service a eu lieu en juillet 2021.

Ces travaux permettent de doubler la surface active de collecte des eaux pluviales issues des toitures de serres et ainsi de disposer d’une plus grande quantité d’eau de pluie pour l’irrigation des cultures. Ainsi, 17 000 m3 d’eau, provenant d’un forage (15 000 m3) et du réseau d’adduction d’eau potable (2 000 m3) sont substitués par de l’eau pluviale.

Le projet est situé dans le bassin de la Vilaine, en zone de maîtrise des prélèvements en eau dans le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux, le Sdage du bassin Loire-Bretagne.  

Son coût total est de près de 145 000 euros. L’agence subventionne à hauteur de 40 % des travaux soit près de 58 000 euros.

Un projet d'économie d'eau industrielle en Vendée

En 2021, l’agence de l’eau Loire-Bretagne accompagne le projet d’économie d’eau en industrie pour le fabricant Vif Argent à Saint-Gilles-Croix-de-Vie en Vendée (85).

Vif Argent, fabricant de plats cuisinés à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, a décidé de recycler les eaux de refroidissement de ses 15 autoclaves qui, jusque-là fonctionnaient en circuit ouvert. Une réduction des consommations d’eau à hauteur de 120 000 m3/an sur un total de 253 000 m3/an, soit 50 %. Cette économie d’eau est donc substantielle en elle-même, mais elle est d’autant plus intéressante qu’elle est réalisée dans la zone côtière vendéenne structurellement déficitaire (à l’embouchure de la Vie depuis la retenue d’Apremont jusqu’à l’estuaire).

Cette opération a été précédée d’une étude détaillée et précise ; elle implique la mise en œuvre d’un important réseau de tuyauteries, de deux cuves de stockage et de deux échangeurs thermiques (un aéroréfrigérant sec pour du prérefroidissement et une tour de réfrigération ouverte).

Le coût des travaux représente 858 000 euros et la participation de l’agence est une subvention de 40 % (343 200 euros), accordée dans le cadre de l’appel à projets pour les activités économiques.

Vingt exploitants agricoles accompagnés face au changement climatique

En 2021, l’agence de l’eau Loire-Bretagne accompagne le projet porté par l’établissement public d’aménagement et de gestion des eaux Loire Lignon dans le département de la Haute-Loire.

L’action « m’EAUbilisons-nous pour la qualité de notre eau et de nos exploitations agricoles », porté par l’établissement public d’aménagement et de gestion des eaux Loire Lignon est un projet expérimental de paiement pour services environnementaux (PSE). Les PSE rémunèrent les agriculteurs pour des actions qui contribuent à restaurer ou maintenir des écosystèmes, dont la société tire des bénéfices : préservation de la qualité de l’eau, stockage de carbone, protection du paysage et de la biodiversité.

L’action « m’EAUbilisons-nous pour la qualité de notre eau et de nos exploitations agricoles », vise à favoriser la présence de zones humides gérées de façon durable. L’objectif est de réduire le transfert du phosphore, lié à la surfertilisation des terres agricoles et au retournement des prairies permanentes. 20 exploitations se sont engagées sur ce dispositif en 2021 pour une durée de 5 ans. Le financement à hauteur de 1,2 million d’euros est entièrement assuré par l’agence de l’eau Loire-Bretagne.

Des actions en faveur du bocage vendéen

En 2021, l’agence de l’eau Loire-Bretagne accompagne des actions en faveur de la gestion du bocage avec la communauté de communes des Pays-de-Pouzauges en Vendée (85).

Dès 2003, la communauté de communes des Pays-de-Pouzauges en Vendée a initié des actions en faveur de la gestion du bocage par une meilleure prise en compte de la haie et des boisements, très présents sur le territoire.
En 2021, la collectivité, avec ses partenaires (centre permanent d’initiatives pour l'environnement, groupe de recherche pour une agriculture paysanne économe et autonome, chambre d’agriculture...), a souhaité poursuivre son engagement dans le cadre des paiements pour services environnementaux.

Les PSE rémunèrent les agriculteurs pour des actions qui contribuent à restaurer ou maintenir des écosystèmes, dont la société tire des bénéfices : préservation de la qualité de l’eau, stockage de carbone, protection du paysage et de la biodiversité. En Vendée, les PSE visent à :

  • valoriser les pratiques agricoles et sylvicoles - existantes et à développer - favorables à l’environnement et la multifonctionnalité de l’agriculture à travers les services environnementaux rendus au territoire ;
  • expérimenter des solutions de financement durable de ces services avec les acteurs économiques du territoire.

Fin 2021, la démarche compte une douzaine d’agriculteurs qui s’engagent pour 5 ans dans des PSE pour un montant de 800 000 euros avec en ligne de mire la reconquête de la qualité de l’eau et de la biodiversité.

Une communauté de travail mobilisée en 2021

Régine Engström, présidente du conseil d’administration de l’agence de l’eau Loire-Bretagne

« Malgré la crise sanitaire, les instances du bassin Loire-Bretagne et les agents de l’agence de l’eau sont restés pleinement mobilisés, 100 % des engagements pour l’eau envisagés pour 2021 dans le cadre du programme d’intervention de l’agence de l’eau Loire-Bretagne ont été réalisés, engagements auxquels s’ajoutent ceux prévus dans le cadre du plan de relance du gouvernement ».

2,33 milliards d’euros pour soutenir des actions pour l’eau

De 2019 à 2024,  le 11e programme de l’agence de l’eau mobilise 2,33 milliards d’euros pour soutenir les investissements et les programmes d’action nécessaires pour répondre aux enjeux du bassin Loire-Bretagne en matière de reconquête de la qualité des eaux et de solidarité urbain-rural.

L’actualité climatique récente, tant sur le plan international, que sur le plan national montre un accroissement des événements extrêmes (inondations, sécheresse, canicule…) ; ils impactent fortement le cycle de l’eau. Cette accélération impose à l’agence de l’eau Loire-Bretagne de renforcer son action en matière de gestion des prélèvements en eau.

Fin 2021, une révision de ce programme se traduit par une action renforcée face au dérèglement climatique au travers de trois enjeux prioritaires :

  • la qualité des eaux et la lutte contre la pollution (plus d’1 milliard d’euros mobilisés) ;
  • la qualité des milieux aquatiques et la biodiversité associée (312 M€) ;
  • la gestion économe et équilibrée de l’eau face au dérèglement climatique (161 M€).

Le bilan 2021 des aides en Loire-Bretagne  :

  • 128 millions d’euros aux collectivités pour l’épuration et la gestion des eaux de pluie
  • 6,3 millions d’euros aux collectivités rurales et urbaines pour améliorer la qualité du service d’eau potable
  • 21,6 millions d’euros pour l’animation des politiques de l’eau, la sensibilisation aux enjeux de l’eau et la solidarité internationale
  • 74,2 millions d’euros aux collectivités pour préserver la qualité et la richesse des milieux aquatiques
  • 52,9 millions d’euros pour la gestion quantitative et les économies d’eau
  • 41,1 millions d’euros pour lutter contre les pollutions diffuses et protéger les captages
  • 15,3 millions d’euros aux acteurs économiques pour la dépollution industrielle

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En savoir plus

Adapter l'estuaire de la Loire au changement climatique
Action menée par le conservatoire du littoral, en partenariat avec le conseil départemental de Loire-Atlantique, la commune de Corsept et la communauté de communes Sud Estuaire