Comment l’état des lieux et la stratégie climat préparent le Sdage ?
L’état des lieux du bassin Loire-Bretagne dresse un diagnostic précis des pressions et des enjeux qui pèsent sur les milieux aquatiques et les ressources en eau. Ce travail fondamental permet d’identifier les territoires prioritaires et les actions à engager pour préserver la qualité de l’eau et des écosystèmes. Mais ce diagnostic ne suffit plus à lui seul : il doit désormais s’inscrire dans une démarche prospective, intégrant pleinement les défis posés par le changement climatique.
Le Sdage Loire-Bretagne : un cadre d’action en évolution
Le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) pour le bassin Loire-Bretagne pour 2028-2033 se prépare.
Il s’appuiera sur cet état des lieux pour définir son programme de mesures et ses dispositions.
Cependant, la prise en compte du changement climatique transforme profondément cette approche.
À court terme (horizon 2033) comme à long terme (2050-2100), il s’agit de construire une trajectoire vertueuse, capable de s’adapter aux évolutions climatiques déjà en marche.
La stratégie climat : transformer l’intention en actions
La stratégie climat devient ainsi un outil indispensable pour compléter et enrichir le Sdage. Elle permet de projeter les impacts du changement climatique sur les ressources en eau, les milieux naturels et les usages humains, et d’anticiper les adaptations nécessaires.
Par exemple, face à la raréfaction de l’eau, il devient crucial de repenser les prélèvements et de favoriser la flexibilité des usages.
De même, la montée des eaux et la multiplication des épisodes pluvieux extrêmes imposent de repenser l’aménagement du territoire : une collectivité doit désormais évaluer la viabilité à long terme d’un projet (zone artisanale, lotissement, etc.) avant de l’engager, sous peine de supporter des coûts élevés en cas de dégâts.
Des choix d’aménagement différenciés selon les enjeux
Tous les projets ne présentent pas la même sensibilité face aux aléas climatiques. Un terrain de sport, un hôpital ou une route stratégique pour les secours n’ont pas la même importance vitale.
La stratégie climat offre les outils pour hiérarchiser ces enjeux et orienter les choix d’aménagement en conséquence. Elle permet de s’assurer que les projets engagés aujourd’hui resteront viables et pertinents dans les décennies à venir.
La stratégie climat du bassin Loire-Bretagne est élaborée collectivement par les membres du comité de bassin et du conseil scientifique du bassin, avec l’appui technique et opérationnel de l’agence de l’eau Loire-Bretagne. Sa rédaction s’appuie sur les travaux prospectifs menés sur le bassin (comme Loire-Bretagne 2050), ainsi que sur des données nationales et des projets de recherche, notamment le projet Explore2. L’objectif est de définir un cadre ambitieux pour intégrer le changement climatique dans tous les programmes et schémas du bassin, en concertation avec l’ensemble des acteurs locaux et institutionnels.
Vers une politique intégrée : l’état des lieux, la stratégie climat et le Sdage
L’articulation entre l’état des lieux, la stratégie climat et le Sdage est donc essentielle pour garantir une gestion durable de l’eau et des territoires. L’état des lieux fournit le diagnostic, la stratégie climat permet de construire une vision à long terme, au-delà de 2033 et le Sdage en traduit les orientations en actions concrètes.
Ensemble, ces outils forment une politique cohérente, pour répondre au mieux aux défis actuels et préparer l’avenir du bassin Loire-Bretagne.
Parole à
Irène Félix, vice-présidente du comité de bassin Loire-Bretagne
Irène Félix
© Agence de l'eau Loire-Bretagne
« L’état des lieux du bassin Loire-Bretagne pose les bases du futur Sdage pour le moyen terme, tandis que la stratégie climat en constitue le socle prospectif à plus long terme, assurant ainsi une cohérence globale entre les différentes échelles de planification.
Cette stratégie climat permet de s’inscrire pleinement dans la trajectoire nationale de planification, notamment la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), adoptée par le gouvernement. Celle-ci fixe un cadre ambitieux pour l’adaptation des politiques publiques en France, avec un horizon de +2,7°C en 2050 et +4°C en 2100. Il devient donc impératif que l’ensemble des projets et des documents de planification intègrent cette trajectoire, afin d’anticiper et de s’adapter aux évolutions climatiques à venir.
L’enjeu est de donner une portée juridique à ces principes au travers du Sdage, qui se décline ensuite dans le programme d’intervention de l’agence de l’eau et dans l’ensemble des documents de planification concernés, qu’il s’agisse des Sage, des SRADDET* ou d’autres outils de gestion territoriale. Cette approche intégrée garantira une cohérence et une efficacité renforcées dans la mise en œuvre des politiques publiques d’adaptation au changement climatique. »
