Eau, économie et territoires : les nouveaux leviers d'actions ?

Vidéo - Eau, économie et territoires : les nouveaux leviers d'actions ?

Découvrez les interventions des participants réalisées lors de la rencontre sur les dimensions économiques et sociales de la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques du 28 novembre 2017.

janvier 2018

© Agence de l'eau Loire-Bretagne

Vous pouvez accéder aux descriptions des vidéos en cliquant sur le bouton "Sous-titres" de la vidéo.

275 acteurs de l'eau ont participé, le 28 novembre 2017, à cette rencontre sur les dimensions économiques et sociales de la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques. Ils ont découvert les outils mis à disposition par l'agence de l'eau Loire-Bretagne pour mieux comprendre et mesurer l’impact socio-économique des décisions prises en matière de gestion de l’eau. Retrouver les interventions des différents participants sous forme de petites vidéos.

Étudier son territoire et agir plus aujourd'hui pour payer moins demain

Vidéo - Étudier son territoire et agir plus aujourd'hui pour payer moins demain

février 2022

© Agence de l'eau Loire-Bretagne - Une image à part

[Musique]

ÉTUDIER SON TERRITOIRE ET AGIR PLUS AUJOURD'HUI POUR PAYER MOINS DEMAIN

L'exemple du bassin du Couesnon (35)

Voix-Off :

Le bassin du Couesnon, 113 000 hectares, c'est une zone de culture, d'élevage, de pêche. 1 700 kilomètres de cours d'eau et de canaux serpentent travers ce bocage, où vivent près de 80 000 habitants, de Fougères au Mont Saint-Michel.

Dans cette zone touristique, agricole, industrielle et malgré les actions déjà portées par les collectivités, les cours d'eau du bassin restent dans un état écologique et chimique dégradé. Dans ce bassin, à La Chapelle-Janson près de Fougères en Ille-et-Vilaine, 1 500 habitants, des terres agricoles et de l’élevage.

Juin 2018. En une heure, un violent orage et des trombes d'eau s'abattent sur la commune. Des torrents de boue se déversent de la colline, vers le bourg en contre-bas.

Jean MOREL - Agriculteur - La Chapelle-Janson (35)

« L'orage est arrivé. La terre a suivi l'eau, a donc traversé le talus et toute la parcelle, ici. Un tiers de la parcelle était partie en maïs, donc perte sèche quatre hectares. »

Michel PEUDENIER - Adjoint au maire - La Chapelle-Janson (35)

« Les semis de maïs venaient d'être faits. Donc l'eau s'est précipitée abondamment, sans être retenue par les plantations, du haut du bourg en passant par les villages. Le bourg de la Chapelle-Janson inondé, il n'y a pas de précèdent...ça n'est jamais arrivé. On s'est dit plus jamais ça. »

Voix-Off :

Depuis 2018, une digue existante a été renforcée, et un programme de plantation de haies bocagères a été lancé pour limiter l'érosion.

Face aux phénomènes climatiques plus fréquents, plus violents, comment anticiper ? Pour améliorer la qualité de l'eau, pourquoi lancer les chantiers le plus vite possible ? Et à quel prix pour les collectivités ? C'est pour répondre à ces interrogations que l'agence de l'eau Loire-Bretagne a lancé une étude socio-économique, avec le syndicat du bassin versant du Couesnon.

Amandine MESLAND - Chef de projet Aide à la décision économique et sociologique - Agence de l'eau Loire-Bretagne

« On a comparé deux scénarios. Un scénario : on fait comme maintenant, continuité. Donc on prend les actions qu'on a menées ces dernières années. On les prolonge sur la durée. Combien ça va coûter et quels sont les bénéfices ?

Et un scénario plus ambitieux. On mène des actions fortes permettant complètement d'atteindre le bon état de l'eau et des milieux aquatiques. Combien ça a coûté ? Quels sont les bénéfices directs et indirects pour les différents acteurs ? »

UNE ETUDE SOCIO- ECONOMIQUE

Voix-Off :

Argouges, entre deux moulins, le cours d'eau perché sur le bord de la parcelle pendant des années a retrouvé son cours historique après travaux.

François-Xavier DUPONCHEEL - Chargé de mission - Syndicat du bassin versant du Couesnon

« Ces travaux de restauration de la continuité écologique permettent à la fois de restaurer la biodiversité, mais aussi aux poissons de remonter la rivière. »

Patrick LUNEAU - Chargé d'intervention - Agence de l'eau Loire-Bretagne

« Ce sont des travaux ambitieux qui nécessitent beaucoup de concertation en amont, de travail. Sur ce site, on a à la fois mixé les travaux en milieu aquatique, les travaux bocagers et c'est ce qui est recherché pour apporter une solution globale. L'objectif qui est le nôtre, celui de l'agence de l'eau, l'atteinte du bon état écologique des masses d'eau. »

Voix-Off :

Pour améliorer la qualité de l'eau, plusieurs actions concrètes sont donc possibles : doubler les productions agricoles bio, d'ici 2025, planter sept fois plus de haies bocagères, poursuivre la restauration des milieux aquatiques naturels, comme ici, à Vieux-Vy-sur-Couesnon.

Sébastien, le propriétaire des terres, a choisi de supprimer l'un de ses étangs, de 2 500 mètres carrés.

Sébastien HONG-ALINS - Propriétaire d'étangs - Vieux-Vy-sur-Couesnon

Comme tous les étangs, ils font barrage sur le cours d'eau et ça me posait un problème de conscience de savoir que j'ai un étang qui vient bloquer le développement des milieux naturels. Donc, c'est pour ça que j'ai fait ce choix-là. »

Voix-Off :

Sur le bassin du Couesnon, 1 600 plans d'eau sont répertoriés, dont 1/3 traversés, comme ici, par une rivière.

François-Xavier DUPONCHEEL - Chargé de mission - Syndicat du bassin versant du Couesnon

« L'effacement du plan d'eau va permettre de restaurer les milieux aquatiques pour la migration des poissons, mais également pour éviter la hausse de température en période estivale qui va venir diminuer les quantités d'eau disponibles, notamment pour l'eau potable. »

Voix-Off :

L'étude socio-économique permet de définir les actions nécessaires au bon état des eaux, les coûts associés et les bénéfices visés. Exemple à Montours : 3 000 mètres cubes d'eau sont traités chaque jour. Si la pollution agricole diminue sur le bassin versant, les coûts de traitement de l'eau seront moins élevés. L'économie en 30 ans serait de 25 millions d'euros.

Grégory HARDY - Responsable d'exploitation - Syndicat des eaux du Pays de Fougères

« On voit, après des épisodes pluvieux très importants, une concentration en matière organique dans l'eau brute qui augmente. Plus l'eau brute est chargée en matières organiques ou pesticides et plus ça a un impact sur le traitement final de l'usine, donc avec des coûts de traitement et un coût de revient de l'eau plus important. »

Voix-Off :

De plus, après de fortes pluies, les eaux usées peuvent déborder. Conséquence : une contamination bactériologique et virale des rivières et de la baie. Donc un impact sanitaire, économique sur la production de coquillages.

Patrick LUNEAU - Chargé d'intervention - Agence de l'eau Loire-Bretagne

« Pour la conchyliculture, le coût évité a été estimé dans l'étude à 32 millions d'euros. Il correspond en fin de compte au maintien d'une activité qui va subir moins de jours de fermeture puisqu'il y aura moins de pollution microbiologique issue du bassin versant. »

Voix-Off :

L'objectif de l'étude, c'est donc de donner aux élus la possibilité d'agir en connaissance de cause, leur fournir des éléments concrets.

Amandine MESLAND - Chef de projet Aide à la décision économique et sociologique - Agence de l'eau Loire-Bretagne

« C'est clairement d'aider les acteurs locaux à prendre leur décision, une décision quand même lourde, d'investir plus. Une action plus forte qui permet donc de restaurer complètement l'état de l'eau et des milieux aquatiques. Parce que ça apporte des bénéfices pour le territoire, pour les écosystèmes du territoire et pour les différents acteurs. Pour le territoire du Sage Couesnon, on gagne 27 millions d'euros en restaurant le bon état. Donc en mettant des actions plus fortes qui vont coûter plus cher, on aura plus de bénéfices. C'est encore plus rentable dans la perspective du changement climatique, parce que certains des bénéfices qu'on a étudiés seront encore plus importants. »

Joseph BOIVENT - Président de la commission locale de l'eau du Sage Couesnon

« Il faut prévoir, il faut anticiper. C'est indispensable que la collectivité le fasse, parce que le maintien d'une qualité d'eau, la préservation de la ressource permettent le maintien des activités humaines, le maintien de la population et leur développement. Et donc, ça, c'est un bénéfice qui n'est pas forcément mesurable tout de suite, mais à long terme, c'est le gage d'un avenir plus serein sur notre bassin versant. »

Voix-Off :

Anticiper, programmer, financer pour restaurer la continuité écologique et le bon état. Les enjeux sont capitaux pour les territoires face au changement climatique.

L'agence de l'eau Loire-Bretagne accompagne évidemment les collectivités pour lancer des études socio-économiques sur les territoires.

[Musique]

Infographie - Pour agir : mettre en lumière le coût de l’inaction

Vidéo - Infographie - Pour agir : mettre en lumière le coût de l’inaction

mars 2022

© Agence de l'eau Loire-Bretagne - Une image à part

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Infographie - Pour agir : mettre en lumière le coût de l’inaction

Voix-Off :

Une étude socio-économique commence par envisager un premier scénario en cours.

Il prend en compte les actions déjà menées, programmées. Toutes ces actions sans objectif d'atteinte du bon état des eaux ont évidemment un coût. Mais l'état de l'eau ne s'améliore pas forcément pour autant. On constate la plupart du temps quelques bénéfices mais bien moins qu'il n'en faut pour améliorer l'état de l’eau. Cette non amélioration a alors bien plus de conséquences négatives.

L’étude socio-économique envisage ensuite un second scénario.

Il a des objectifs d'atteinte du bon état des eaux. Les actions y sont plus nombreuses, calibrées sur les besoins du territoire. Le coût des actions est plus important mais le bon état de l'eau y est central. Les bénéfices du bon état sont nombreux, forts, à tel point que les conséquences négatives sont mineurs.

En clair si on simplifie.

Scénario 1 : on investit peu mais les conséquences négatives du faible investissement vont considérablement alourdir la facture et l'état de l'eau sera toujours aussi mauvais.

Scénario 2 : a contrario le coût d'investissement d'ampleur avec ses objectifs d'atteintes du bon état va générer de nombreux bénéfices pour l'eau et limiter les impacts à tel point que la facture sera au final bien moins élevée mais surtout le bon état des eaux sera normalement au rendez-vous.

[Musique]