Coopération internationale : des solutions partagées pour l’eau

Depuis plus de 15 ans, l’agence de l’eau Loire-Bretagne soutient les associations et les collectivités du bassin qui œuvrent en matière de solidarité internationale. Elle coopère également avec des autorités étrangères (ministères, organismes de bassin…) dans le cadre de partenariats institutionnels, dans le but de mettre en œuvre la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) à l’échelle des bassins versants.

Près de 10 % de la population mondiale n’a pas accès à l’eau potable et 2 milliards de personnes dans le monde sont toujours privées d’installations sanitaires de base. Les pays en voie de développement ont besoin de soutiens technique et financier pour accéder à ces services élémentaires. La loi n° 2005-95 du 9 février 2005 dite loi « Oudin-Santini » permet aux agences de l’eau de mener des actions de coopération internationale, dans ces domaines, dans la limite de 1 % de leur ressource.

Cette solidarité internationale traduit une conviction forte : la gestion durable de l’eau est un enjeu global, qui appelle des réponses coordonnées et solidaires à toutes les échelles. En contribuant à l’amélioration des conditions d’accès à l’eau et à l’assainissement, elle participe également aux objectifs de développement durable (ODD) et à la préservation d’une ressource essentielle.

L’agence de l’eau Loire-Bretagne accompagne les initiatives de solidarité internationale

L’agence de l’eau participe à la montée en compétences des partenaires, dans une logique d’échange et de coopération. Elle valorise également l’expérience acquise sur le bassin Loire-Bretagne, tout en s’enrichissant des pratiques développées à l’international. Ses interventions :

  • Partage d’expertise technique. Il permet d’accompagner les acteurs locaux dans la conception et la gestion de services d’eau et d’assainissement adaptés à leurs contextes
  • Appui à la gouvernance. Cela contribue à structurer des organisations durables, capables de piloter les politiques de l’eau à l’échelle locale
  • Financement de projets concrets pour faciliter la réalisation d’infrastructures essentielles et le déploiement de solutions opérationnelles

En 2025, l’agence de l’eau a apporté son soutien à 39 projets portés par des collectivités territoriales et des associations, pour un montant d’aide total de 3,8 millions d’euros.

  • 81 % des demandes concernent l’Afrique. Madagascar (21 %) et le Sénégal (18 %) sont les deux premiers pays bénéficiaires. À noter que le nombre de projets menés au Sénégal a augmenté ces dernières années, expliqué en partie par le redéploiement dans ce pays d’opérateurs qui intervenaient jusqu’en 2022 au Burkina Faso, au Mali ou encore au Niger. Pour mémoire, ces trois pays ne sont plus éligibles à l’aide publique française. Parmi les autres pays africains bénéficiaires des aides en 2025, on peut citer le Tchad, le Bénin, le Togo, l’Union des Comores, le Maroc ou encore le Burundi.
  • 35 % des dossiers portent uniquement sur l’alimentation en eau potable, 65 % comprennent à la fois un volet eau potable et un volet assainissement.

L’accès à l’eau et à l’assainissement des populations de Parakou au Bénin

Vidéo - L’accès à l’eau et à l’assainissement des populations de Parakou au Bénin

décembre 2025

© Agence de l'eau Loire-Bretagne / Une Image à part

L’accés à l’eau et à l’assainissement des populations de Parakou au Bénin - Ville d’Orléans – Loiret

Voix Off

Jusqu'en 2020, à Parakou, dans le nord du Bénin, l'eau potable était inaccessible pour la moitié de la population : près de 130 000 habitants, notamment dans les zones rurales et périurbaines. L'eau potable, ressource rare pour des milliers de familles contraintes à marcher des kilomètres pour trouver une source fiable.

Audrey Roux – Responsable Relation Internationales – Ville d’Orléans

«La corvée d'eau, en fait, là-bas, ce sont les femmes qui s'en chargent et elles doivent faire plusieurs kilomètres par jour pour aller chercher de l'eau et la ramener. Et donc l'idée, c’est de permettre aux populations d'avoir des points d’eau plus proches et surtout aussi d'éviter qu'ils aillent chercher de l'eau dans les marigots. C'est une eau stagnante qui est impropre à la consommation. »

Voix Off

Alors en 2020, un programme est engagé, une coopération entre les villes de Parakou et d'Orléans. Des infrastructures sont construites, des équipes formées, un plan communal de l'eau élaboré, impulsé par une Volontaire de Solidarité Internationale, engagée pour ce projet.

Camille Juban – Volontaire de Solidarité Internationale – Ville d’Orléans

« Je représente ici la mairie d'Orléans, et mon principal rôle, c'est d'appuyer la mairie de Parakou dans la bonne mise en œuvre du projet. J'apporte un appui tout d'abord au niveau de la planification des différentes activités. Ensuite, j'apporte un appui au niveau technique. »

Audrey Roux – Responsable Relation Internationales – Ville d’Orléans

« Le projet comprend plusieurs axes : la construction et la réhabilitation d'infrastructures, la création de documents stratégiques, la formation des acteurs, la sensibilisation et la communication auprès des populations. Et le dernier volet, c'est le suivi et l'évaluation du projet. »

Voix Off

Montant total des investissements : 722 000 euros, cofinancés par l'Agence Française de Développement, l'agence de l'eau Loire-Bretagne,
la métropole et la Ville d'Orléans.

Audrey Roux – Responsable Relation Internationales – Ville d’Orléans

« L’Agence Française de Développement a apporté 500 000 euros, dans le cadre des dossiers FICOL, Facilitations d’Intervention des Collectivités Locales. Le dispositif nous a permis de redimensionner le projet de manière plus importante. »

Rémy Marquès – Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« La partie eau potable et assainissement du projet s’élève à 245 000 euros et l'agence de l’eau Loire-Bretagne a apporté 170 000 euros  de financement sur cette partie-là. C'est quelque chose qui répond à nos objectifs, de permettre aux populations dans les pays prioritaires tels que l'Afrique de l'Ouest, d'accéder à l'eau potable et à l'assainissement. »

Voix Off

2000/2024, en 4 ans, 24 nouvelles infrastructures d'eau potable ont été construites, 40 forages réhabilités, des équipements sanitaires modernisés dans les établissements scolaires et plus de 5 000 habitants sensibilisés.

Capucine Fedrigo – Conseillère municipale – Ville d’Orléans

« Quand on travaille avec eux là-bas, on a vraiment le sentiment qu'on a un impact considérable sur la qualité de vie, sur l'hygiène, on a de très bons résultats sur les points d'eau qui ont été installés, sur les latrines qui ont été rénovées. On a des populations qui ont un réel accès à l'eau. Pour moi, c'est ça le plus beau bilan. »

Voix Off

Des forages, des postes d'eau autonome, des installations modernes ont donc bouleversé le quotidien de plus de 28 000 habitants, soit plus de 65 % de la population de Parakou.

Cédric Morio – Responsable Vie des ouvrages et réseaux - Orléans Métropole

« On s'appuie sur les équipes de Parakou. pour que, techniquement, il y ait une transmission et un entretien qui soient réalisés. Il y a des délégataires également qui sont mis en place pour l'entretien au quotidien des forages. »

Audrey Roux – Responsable Relation Internationales – Ville d’Orléans

« Prochain partenariat, sur la période 2025/2027, donc 3 ans, 3 000 personnes supplémentaires vont avoir un accès à l'eau potable, des constructions et réhabilitations d’une dizaine de blocs de latrines dans les établissements scolaires, et toujours la formation et la sensibilisation. »

Rémy Marquès – Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« C'est tout à fait intéressant pour nous d'avoir une coopération sur le long terme avec des projets qui se succèdent. Les projets de coopération internationale financés par l'agence de l'eau Loire-Bretagne, ça représente en 2024, plus de 3 millions d'euros pour une trentaine de projets, très majoritairement en Afrique, et l'accès à l'eau potable à 250 000 habitants en 2024. »

Audrey Roux – Responsable Relation Internationales – Ville d’Orléans

« C'est génial de voir les gens là-bas, de voir à quel point ils sont heureux, à quel point ils entretiennent aussi les infrastructures. C'est vraiment gratifiant, ça donne du sens. »

Raccordement à l'eau potable du village de pêcheurs de Tsifota-Ankasy - Madagascar

Vidéo - Raccordement à l'eau potable du village de pêcheurs de Tsifota-Ankasy - Madagascar

novembre 2023

© Une Image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne

Transmission Madagascar Développement pour le projet de raccordement à l’eau potable du village de pêcheurs de Tsifota-Ankasy - Lavau-sur-Loire (Loire-Atlantique)

Voix-off :
Dans le sud-ouest de Madagascar, une région aride et enclavée, la détresse hydrique et l'insécurité alimentaire sont chroniques. 15 % seulement des habitants ont accès à l'eau potable. Alors, depuis 1997, Trans-Mad’Développement, l'association implantée dans l'estuaire de la Loire, près de Saint-Nazaire, bâtit des projets sur la Grande île avec une expertise, l'accès à l'eau potable, à l'hygiène, à l'assainissement.

Mario Andriatoavina, 25 ans Malgache – Animateur ECSI (Éducation citoyenneté solidarité internationale) en service civique international en réciprocité - Trans-Mad’Développement
« Depuis que la crise écologique, en fait s'intensifie, ça génère pas mal de maladies, ça a gravement impacté la vie de la population dans le Sud. »

Frédéric Macquet, Directeur Trans-Mad’Développement
« L'eau, ce n'est pas simplement un besoin essentiel pour la vie, mais c'est aussi un levier de développement des communautés, développement sanitaire mais aussi développement économique. »

Voix-off :
« Apporteurs d'eau », c'est un chantier de raccordement, la construction d'un réseau d'eau potable pour les habitants de Tsifota, un village de pêcheurs sur le littoral Sud-Ouest du pays, à une centaine de kilomètres au nord de Tuléar.

Les actions

Voix-off :
Concrètement, l'eau est pompée directement en mer, elle transite d'abord par une station de désalinisation solaire qui produit 20 mètres cubes d'eau douce par jour, puis est stockée dans un château d'eau avant d'alimenter un réseau de distribution de 10,4 kilomètres.
Grâce à 10 kiosques collectifs et 40 branchements privés, 4 500 habitants de Tsifota ont aujourd'hui un accès direct à l'eau potable.

Frédéric Macquet,
« On a ces 4 500 villageois qui profitent de cet accès à une eau potable, mais dans toute la région, à 30 ou 40 kilomètres, les gens viennent à Tsifota pour acheter de l'eau potable à des prix très, très intéressants. »

La concertation

Voix-off :
Pour bâtir le projet, « Apporteurs d'eau à Tsifota », la concertation avec les habitants, les élus, les partenaires institutionnels a été déterminante. Aujourd'hui, c'est même une société locale qui gère l'eau et les infrastructures.
 
Yohann Dorner, Président de Trans-Mad’Développement - Adjoint au maire - Lavau-sur-Loire (Loire-Atlantique)
« Arriver dans un pays où ce ne sont pas les mêmes codes, il a fallu s'approprier en fait cette culture et ces codes-là pour pouvoir, entre guillemets, échanger avec eux et rentrer en confiance. Et le fait de garantir des projets de qualité nous permet, de garantir une confiance de la population envers nos projets et en même temps de poursuivre les actions. »

Voix-off :
Études, travaux, sensibilisation, formation, pour cette stratégie globale, Trans-Mad’Développement a offert ses services clés en main aux autorités locales. Le projet a coûté 257 000 €, financés à 50 % par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Frédéric Macquet,
« C'est le financement levier. Sans lui, on ne mobilise pas les autres. C'est l'agence de l'eau, effectivement, qui est notre bailleur structurant sur ces projets. »

Hervé Gilliard, Chef de projet Relations internationales - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« Ça répond parfaitement aux priorités de l'agence de l'eau Loire-Bretagne. On est sûr de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement sur un territoire où le taux d'accès, justement des populations est faible. Et aussi, Madagascar est une des priorités importantes de l'agence de l'eau. »

Voix-off :
Entre Madagascar et la France, sur les terres de l'association, une dynamique est également enclenchée. Mario, le jeune malgache en service civique, co-anime des ateliers de sensibilisation dans les écoles.

Mario Andriatoavina,
« Le premier message que l’on va véhiculer aux jeunes collégiens, c'est que, d’abord il faut qu’on fasse très attention à l'eau, et ensuite c'est de les initier à l'action de la solidarité internationale. »

Les perspectives

Frédéric Macquet,
« On est arrivé au bout de 4 projets avec l'agence de l'eau à avoir près de 70 000 usagers bénéficiaires des actions. On nous demande de monter en puissance, de monter en charge.

Mario Andriatoavina,
« La venue de Trans-Mad sur notre territoire, c'est bénéfique pour la population dans le Sud, parce qu’ils arrivent à satisfaire leurs besoins et en même temps, ils arrivent à générer une activité telle que l'agriculture.

Frédéric Macquet,
« Il y a certainement des recettes d'adaptation au Sud dont on peut s'inspirer au Nord, notamment sur ces questions de stress hydrique, de production et de distribution d'eau.  
 
Yohann Dorner,
« Ramener les problématiques sur notre territoire, c’est également sensibiliser nos habitants, c'est ouvrir des débats et une batterie d'actions pour pouvoir, en fait, être au cœur de la protection de la ressource en eau. »

Voix-off :
Depuis12 ans, l'implantation durable de Trans-Mad’Développement dans le Sud-Ouest de Madagascar a permis d'équiper cinq gros villages et d'améliorer les conditions de vie sanitaires, sociales, économiques de milliers d'habitants sur 300 kilomètres de littoral.

Images Madagascar – François Prud’homme pour Trans-Mad’Développement

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