Répondre aux défis climatiques urbains avec les eaux pluviales

Depuis plusieurs années, la gestion intégrée des eaux pluviales (GIEP) s’impose comme une alternative durable aux systèmes traditionnels d’évacuation. Mais aujourd’hui, avec l’intensification des épisodes de sécheresse, des pluies diluviennes et des canicules, son adoption prend une dimension encore plus cruciale. En favorisant l’infiltration, et la valorisation de l’eau de pluie à la source, la GIEP répond directement aux défis posés par le dérèglement climatique pour les collectivités : réduction des risques d’inondation, recharge des nappes phréatiques, création d’îlots de fraîcheur et préservation de la biodiversité. Une approche à la fois écologique, économique et résiliente, pour des villes et des territoires mieux protégés face aux bouleversements environnementaux.

Avec l’imperméabilisation croissante des villes, les eaux de pluie ne s’infiltrent plus là où elles tombent. Elles sont captées, souvent avec les eaux usées, et se chargent des pollutions des surfaces urbaines. En temps de pluie, le fonctionnement des réseaux d’assainissement et des stations d’épuration sont perturbés par les variations brutales de débits. Des pollutions se déversent dans le milieu naturel.

La GIEP, une approche durable

aménagement GIEP, revetement perméable

Olivet, aménagement Giep

© aelb, Une image à part

Ne plus évacuer les eaux de pluie par des réseaux mais les valoriser dans l’aménagement des villes : jardins de pluie, plans d’eau, toitures végétalisées « stockantes », chaussées perméables… C'est ce qu'on appelle la gestion intégrée des eaux pluviales.

Le principe est de modifier le moins possible le cycle de l’eau en infiltrant l’eau au plus près de son point de chute. Il s'agit de limiter l'imperméabilisation et le transport de l'eau. Pour les surfaces imperméables, plusieurs techniques peuvent être utilisées pour gérer l'eau au plus près et sans tuyau : création d'espace de stockage temporaire en pleine terre en cas de fortes pluies : noues, espaces verts creux... Des toits végétalisés permettent aussi de valoriser l'eau là où elle tombe.

Quels bénéfices pour les villes et les villages ?

La GIEP répond aux enjeux actuels de gestion de l’eau en ville tout en améliorant la qualité de vie et la résilience des territoires.

  • Rafraichissement de la ville et amélioration de la santé, la biodiversité, le stockage du carbone
  • Limitation de la pollution des cours d’eau par le déversement des réseaux unitaires
  • Limitation des pollutions des cours d’eau par les rejets séparatifs pluviaux (bactériologique et micro polluants)
  • Limitation des inondations
  • Réalimentation des nappes et donc limitation des étiages

Vincent Nalin, chargé de mission Eaux pluviales à l'agence de l'eau :

photo portrait de Vincent Nalin

Vincent Nalin

© agence de l'eau Loire-Bretagne

 « La GIEP est une des priorités de l’agence de l’eau Loire-Bretagne, tant les bénéfices sont nombreux. Nous apportons une aide de 50 % aux études et travaux qui concourent à valoriser les eaux pluviales dans les aménagements. En 2026, du fait de très nombreuses sollicitations l’agence réserve cette aide aux aménagements ou l’eau de pluie est dirigée majoritairement vers des espace verts creux. C’est la solution la moins couteuse et en même temps la plus vertueuse et durable. La réduction des déversements par temps de pluie sur les réseaux par des techniques classiques (bassins de stockage restitution) coute plus cher tant en investissements qu’en exploitation et sans les écobénéfices pour la qualité de vie. »

Grand Poitiers communauté urbaine témoigne

Bassins de gestion des eaux pluviales végétalisés, déconnexion des eaux pluviales, plantations et végétalisation stratégiques, la gestion des eaux pluviales constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour la Communauté urbaine de Grand Poitiers.

photo portrait de Christophe Chapron

Christophe Chapron

© Grand Poitiers communauté urbaine

Christophe Chapron, Responsable du Pôle Etudes-Travaux-Patrimoine à la Direction Eau-Assainissement de Grand Poitiers Communauté Urbaine nous donne la vision de la collectivité sur le sujet :

« La communauté urbaine de Grand Poitiers regroupe 40 communes, et j’interviens à ce titre sur l’ensemble de ce territoire. Depuis 2023, nous avons engagé 80 sites de travaux dédiés à la mise en œuvre de la gestion intégrée des eaux pluviales sur l’ensemble du territoire. Cela représente un investissement global de 3,5 millions d’euros, dont 2,7 millions financés par l’agence de l’eau Loire-Bretagne et le Fonds vert.

aménagements de giep sur Bignoux

Commune de Bignoux

© Grand Poitiers communauté urbaine

Parmi les projets les plus emblématiques, on peut notamment citer la commune de Bignoux, qui constitue aujourd’hui un véritable site vitrine. On y retrouve un large panel d’aménagements en matière de gestion des eaux pluviales : dépression recueillant les eaux pluviales, stationnements perméables, noues, parkings avec structure réservoir, arbres de pluie.

Le principe de cette dernière technique, c’est d’aménager une fosse d’arbre qui jouxte un massif de cailloux qui permet de recueillir l’eau, de la stocker temporairement, puis de la laisser s’infiltrer lentement dans le sol afin de contribuer à l’arrosage de l’arbre. Des jardins de pluie sont aussi des aménagements spécifiques qui dirigent les eaux vers des zones d’infiltration dédiées. Ces aménagements permettent à la fois de gérer les volumes d’eau — par stockage, infiltration et évapotranspiration — et d’améliorer le cadre de vie, en créant des espaces végétalisés et agréables qui procure des zones d’ombrage pour lutter contre les ilots de chaleur.

Je pense aussi à la rue Verlaine à Poitiers, une des premières opérations où nous avons combiné végétalisation et infiltration des eaux pluviales avec le début du travail de coopération avec la Direction Nature Biodiversité qui a déployé le plan Canopée de Grand Poitiers.

aménagements de giep sur Poitiers

Rue Léon Jouaux à Poitiers

© Grand Poitiers communauté urbaine

Nous avons également mené des opérations comme la végétalisation du parking de Léon Jouhaux, où nous allons au-delà de la problématique eaux pluviales. Il s’agit aussi de repenser l’espace public, par exemple en végétalisant des zones très minérales comme les quais de bus, tout en déconnectant les eaux de ruissellement.

Nous travaillons tous les jours avec nos collègues en charge du plan Canopée et chaque plantation d’arbre s’accompagne systématiquement d’un dispositif de gestion des eaux pluviales.

aménagements de giep sur Poitiers

Arbre de pluie, aménagement sur Poitiers

© Grand Poitiers communauté urbaine

L’idée, aujourd’hui, c’est vraiment de saisir toutes les opportunités d’aménagements pour intégrer la gestion des eaux pluviales. Au-delà des techniques, nous portons une vision plus globale et systémique : croiser cette approche avec les autres politiques d’aménagement.

Ces solutions apportent des bénéfices multiples. Elles contribuent à limiter les phénomènes de ruissellement et d’inondation, mais aussi à créer de l’ombrage, à rafraîchir la ville et à atténuer les effets du changement climatique. C’est un levier concret pour renforcer la résilience de notre territoire. »

Infiltrer plutôt que rejeter : suivre l’exemple de collectivités

La gestion des eaux pluviales constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour les services l’assainissement des collectivités. Passer de réseaux d’assainissement traditionnels à une infiltration à la source nécessite une évolution de pratique et une vision globale de l’eau dans l’aménagement urbain. Ici et là, communes et collectivités se mettent en marche :

Brest (29), la métropole infiltre les eaux pluviales

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Espace verts et massifs draînants dans une cours d'école

Espace verts et massifs draînants dans une cours d'école à Brest

© Uneimageapart.com

Face à un réseau d'eaux pluviales saturé lors de grandes pluies, Brest Métropole teste la solution de l'infiltration des eaux pluviales directement dans le sol, là où elle tombe. 12 sites du territoire sont concernés : espaces verts, culture, voirie, cours d’école.

Brest métropole - Élaboration et mise en œuvre de la déconnexion des eaux pluviales

Vidéo - Brest métropole - Élaboration et mise en œuvre de la déconnexion des eaux pluviales

novembre 2023

© Une Image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne

Brest Métropole, pour l’élaboration et la mise en œuvre de la déconnexion des eaux pluviales des réseaux unitaires à Brest (Finistère)

Voix-off :
Dans la rade de Brest, plus de 1 000 espèces sont répertoriées sur 180 kilomètres carrés. Une biodiversité exceptionnelle et fragile, menacée par l'activité des bassins versants urbains et agricoles qui l'entourent.

Nicolas Floch, Responsable eaux pluviales - Brest Métropole
« La rade, c'est un des écosystèmes les plus riches d'Europe. Donc du coup, c'est quelque chose qu'il est nécessaire de préserver. »

Voix-off :
La métropole de Brest, 8 communes, 210 000 habitants, est très urbanisée. Son réseau d'assainissement est unitaire : un seul réseau donc, pour les eaux usées et les eaux pluviales. Alors, en cas de fortes pluies, les eaux pluviales viennent saturer le système d'assainissement.

Virginie Parot, Chargée d'interventions collectivités - Agence de l'eau Loire-Bretagne
« Plus il y a d'eaux pluviales qui rentrent dans le réseau et plus ça déborde, en emmenant des eaux usées, qui donc vont se retrouver dans la rade de Brest et donc polluer le milieu marin qui n'est pas fait pour récupérer des eaux usées brutes. »

Jean-François Menez, Directeur technique et du développement - Eau du Ponant
« Notre objectif, c'est justement de limiter ces déversements pour protéger à la fois le fleuve côtier qu'est la Penfeld et la rade qui en est l'exutoire. »

Les actions

Voix-off :
Depuis juillet 2015 et des contraintes réglementaires de conformité de l'assainissement, études et projets ont donc été lancés. Premier axe : la déconnexion pour réduire à la source le ruissellement pluvial. Exemple dans cette école, dans la cour, des espaces verts et massifs drainants ont été créés, le parking rénové.

Amélie Saint-Germain, Chargée de la déconnexion des eaux pluviales - Brest Métropole
« L’objectif c'est de laisser l'eau s'infiltrer au plus près de là où elle tombe. L’eau est collectée par les gouttières et nous par un système de réseau, on a emmené les gouttières dans le massif qui est sous le revêtement perméable du parking. C'est du caillou qui permet de stocker l'eau le temps qu'elle s'infiltre tranquillement dans le sol. »

Voix-off :
Écoles, parkings, espaces verts, piscine, les chantiers de déconnexion se multiplient. Cette place a été complètement réaménagée, un chantier exemplaire.

Virginie Parot, Chargée d'interventions collectivités - Agence de l'eau Loire-Bretagne
« On récupère les eaux pluviales des rues adjacentes pour qu'elles n’aillent pas dans le réseau unitaire et qu'elles soient gérées dans un ouvrage enterré sous la place. Et à la fois, les eaux qui ruissellent sur la place sont gérées à ciel ouvert, dans des noues, donc dans des espaces végétalisés. »

Nicolas Floch, Responsable eaux pluviales - Brest Métropole
« L'action qu'on va avoir sur la gestion des eaux de pluie va rendre l'eau disponible pour la végétation. On va aussi s'adapter au changement climatique puisque toute cette eau qui ne va pas ruisseler va permettre aux canalisations existantes de faire face à des événements pluvieux potentiellement plus intenses. »

Voix-off :
Enfin, dans cette rue, grâce aux noues et à l'inclinaison de la rue et du trottoir, les eaux de pluie s'infiltrent désormais sur 3 750 mètres carrés.

Amélie Saint-Germain, Chargée de la déconnexion des eaux pluviales - Brest Métropole
« C'est un projet qui entraîne une revégétalisation, une renaturation donc on remet du vert sur cet axe-là, ce qui va dans le bon sens pour l'adaptation au changement climatique. »

Voix-off :
Parallèlement à ce plan de déconnexion, 8 bassins tampons vont être construits.

Nicolas FLOCH, Responsable Eaux pluviales - Brest Métropole
« On a un bassin enterré qui va gérer toutes les petites pluies, une soupape pour stocker les eaux et protéger d’événements pluvieux qui pourraient être plus intenses à l'avenir. »  

Le bilan

Voix-off :
À Brest, 25 millions d'euros vont être investis ces dix prochaines années pour la déconnexion.
50 % de ces investissements peuvent être financés par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Virginie PAROT, Chargé d'interventions collectivités - Agence de l'eau Loire-Bretagne
« L’agence de l'eau a accompagné l'étude de déconnexion et on accompagne les projets à la fois sur la partie études préalables et sur la partie maîtrise d'œuvre travaux. »

Nicolas FLOCH, Responsable Eaux pluviales - Brest Métropole
« C’est vrai que le soutien financier de l'agence de l'eau est très important sur ces actions. Toute la réflexion stratégique sur la mise en conformité du système d'assainissement, a été possible parce qu'on avait un portage agence fort qui nous a complètement soutenus dans cette direction. »

François Cuillandre, Président - Brest Métropole
« En limitant les rejets d'eaux usées dans le milieu naturel, nous agissons de manière immédiate et concrète. Préserver le milieu naturel et prévenir les risques d'inondation, ce sont les deux grands objectifs que nous poursuivons avec notre politique de gestion durable des eaux pluviales. »

Nicolas Floch, Responsable Eaux pluviales - Brest Métropole
« C'est une évidence que ça va dans le bon sens. Globalement, on sent un élan au niveau français qui est assez impressionnant depuis, je dirais, cinq ans. »

Virginie Parot, Chargée d'interventions collectivités - Agence de l'eau Loire-Bretagne
« L'objectif de ce type de projet, c'est la reconquête de la qualité de l'eau à Brest et puis on souhaite que ça se démultiplie dans le Finistère, en Bretagne, sur le bassin Loire-Bretagne. »

François Cuillandre, Président - Brest Métropole
« L'eau est un bien commun, rare et précieux. Il est urgent d'agir. »

Voix-off :
L'objectif pour la métropole de Brest, c'est de déconnecter en dix ans 150 hectares de surface active, soit 10 % de la zone unitaire, pour faire face à l'évolution climatique et protéger ce milieu naturel exceptionnel.

Le tramway de Brest : quand mobilité durable rime avec ville perméable

Le tramway de Brest : aménagement giep de l'extension du tramway

Brest métropole a profité de l’extension du tramway pour déployer une stratégie de désimperméabilisation

© D.Lehoux

À Brest, l’extension du tramway a transformé l’espace public en vitrine de la gestion intégrée des eaux pluviales, cofinancée par l’agence de l’eau Loire-Bretagne. Dans une métropole encore largement équipée d’un réseau unitaire, chaque pluie intense risque de saturer les stations d’épuration et de polluer la rade. Brest métropole a profité de l’extension du tramway pour déployer une stratégie exemplaire de désimperméabilisation. Noues, stationnements perméables et plateforme végétalisée déconnectent 34 000 m² du réseau, réduisant les risques de saturation et les rejets vers la rade. Cofinancé par l’agence de l'eau, ce projet améliore la qualité de l’eau, renforce la résilience urbaine et illustre une manière plus durable d’aménager la ville.

Lancieux (22) : l’eau au cœur de la renaturation d’une cour d’école

aménagement giep à Lancieux 22 : l’eau au cœur de la renaturation d’une cour d’école

Travaux d'aménagements GIEP en cours de végétalisation

© DR

Située à 20 kilomètres au nord de Dinan, dans les Côtes d’Armor, Lancieux est une commune littorale de 1 650 habitants. Jusqu’en 2023, la cour de son école élémentaire était entièrement imperméabilisée. Dès 2022, en concertation avec la municipalité, l’équipe pédagogique, les parents d’élèves et les enfants ont contribué à repenser les usages de cet espace sous-utilisé. En parallèle, des échanges avec l’agence de l’eau ont convaincu les élus d’aller plus loin et d’avoir une réflexion globale intégrant la gestion des eaux pluviales. Le projet de renaturation de la cour intègre alors : la récupération des eaux de toiture, la création d’une noue et de rigoles pour infiltrer les eaux pluviales, le remplacement du bitume par une zone de copeaux, l’installation de pergolas pour créer des zones d’ombrage. Depuis la fin des travaux, la nouvelle cour fait l’unanimité auprès des 100 élèves, des équipes pédagogiques et des élus. Ce projet exemplaire d’éducation à l’environnement s’est concrétisé par un changement de comportement radical des élèves. Ils ont totalement investi ce nouvel espace, dont la noue, avec des jeux tournés vers la nature. Les élus ont souligné la réussite de ce projet collaboratif avec l’amélioration du cadre scolaire dans une démarche d’adaptation au changement climatique.

Montrevault-sur-Èvre (49) : Déconnexion des eaux pluviales des chaussées, habitations et bâtiments communaux

Déconnexion des eaux pluviales des chaussées, habitations et bâtiments communaux

Vidéo - Déconnexion des eaux pluviales des chaussées, habitations et bâtiments communaux

Déconnexion des eaux pluviales à Montrevault-sur-Èvre (49)

mai 2022

© Une image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne

Déconnexion des eaux pluviales des chaussées, habitations et bâtiments communaux - Montrevault-sur-Èvre (49)

[Musique]

Voix-off :
Montrevault-sur-Èvre, c’est une commune nouvelle, au cœur des Mauges, dans le Maine et Loire, 16 000 habitants dans un bassin agricole, et industriel, baigné par l’Èvre, un affluent de la Loire.

LE CONSTAT

Voix-off :
Ici, comme dans beaucoup de villes françaises, le réseau d’évacuation d’eau est unitaire. C’est un même tuyau qui évacue vers la station d’épuration : les eaux sales, domestiques, sanitaires, et les eaux propres, comme la pluie des toitures.

Mais en cas d’intempéries : les eaux engorgent les réseaux. Les stations d’épuration débordent, et génèrent une pollution de la rivière en contre-bas de la commune.

LE PROJET

Voix-off :
À Montrevault-sur-Èvre, 135 maisons dans ce quartier des années 60, la commune a donc lancé un vaste chantier : la gestion intégrée des eaux pluviales. Depuis la fin des travaux, les élus multiplient les visites pédagogiques, à la demande des collectivités.
Première étape, les parkings de la mairie. Désormais, ils sont perméables.

Christophe Dougé - Maire - Montrevault-sur-Èvre (49) - Vice-président - Mauges communauté
« On est sur le parking de l'hôtel de ville. On n'avait pas la place pour mettre des espaces verts. On a choisi d'avoir une voirie perméable. L'enrobé est poreux et on traite les eaux pluviales avec une chaussée réservoir. »

Voix-off :
Devant les maisons, des espaces verts, creux, des noues, ont été créées puis végétalisées.

Madeline FUSS - Chargée de mission stratégie eaux pluviales - Mauges Communauté
« C'est une noue. Elle sert en fait à collecter et à infiltrer les eaux pluviales de la voirie.
L'idée, c'est d'augmenter la surface d'espaces verts dans la rue de manière à avoir le plus grand volume possible à infiltrer. »

Voix-off :
Devant chaque maison neuve, des échelles d’eau, des caissons, étalent l’eau des toitures.
Enfin, pour les habitations plus anciennes, les particuliers ont eu carte blanche pour déconnecter leurs eaux pluviales des réseaux d'eaux usées.

Daniel CHAUVAT - Habitant de Montrevault-sur-Èvre (49)
« J'ai déconnecté ma descente et avec un tuyau étanche, par la pression, l'eau remonte de chaque côté des parterres. Et puis derrière, j'ai deux cuves de 1000 litres et une troisième qui est prête à être installée pour arroser ma serre et mon jardin. »

Marc Lefort - Habitant de Montrevault-sur-Èvre (49)
« J'ai modifié les descentes de dalles, les passages sont aériens au lieu de passer en souterrain. Donc ça va dans le jardin. Ça permet à l'eau de s'infiltrer, de réalimenter les nappes phréatiques.»

LA CONCERTATION

Voix-off :
Le chantier s’est achevé à l’automne 2021, mais les études et les réunions publiques ont démarré en 2018. Parce que la sensibilisation, l’adhésion des riverains, sont déterminantes pour ce type de projets.

Cécile LEMOUL - Chargée d’action - Centre permanent d’initiative pour l’environnement
« Ce qui peut effrayer, c'est parfois l’impression que ça va être coûteux ou que ça va demander des gros travaux. On est allé proposer aux habitants de se rencontrer et d'échanger directement dans leur jardin pour les convaincre, parce que c'est un changement de pratiques aussi, un changement de regard sur la ressource en eau. »

Voix-off :
Désormais, les eaux pluviales s’infiltrent donc dans des espaces qui ne sont pas uniquement dédiés à l’eau, des espaces verts ou des chaussées perméables par exemple.
Bref, le problème d’assainissement, est devenu un projet de voirie.

Christophe Dougé - Maire - Montrevault-sur-Èvre (49) - Vice-président - Mauges communauté
« Le fait de ne pas faire la double canalisation séparative, ça nous a payé la voirie. »

Michel Bénard - Assistant maître d’ouvrage – Expert en eaux pluviales
« Les résultats, c'est que ça coûte moins cher. Vous avez contribué à résoudre le problème de déversement d'eaux sales dans l'Èvre, mais vous avez aussi fait un projet de voirie un peu plus qualitatif. On va recharger  les nappes, on amène de la biodiversité en ville. Donc il n’y a aucune raison de ne pas le faire. »

LE BUDGET

Voix-off :
Coût total de l’aménagement : 650 000 euros financés en partie par l’agence de l’eau Loire Bretagne.

Laurent Thaunat - Chargé d’intervention - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« L'agence a participé à la déconnexion des eaux pluviales pour la partie publique et a apporté une enveloppe de 200 000 euros. »

Christophe Dougé - Maire - Montrevault-sur-Èvre (49) - Vice-président - Mauges communauté
« L'agence nous permet aussi de financer des postes dédiés pour accompagner les riverains, les collectivités à s'approprier la gestion des eaux pluviales. »

Voix-off :
En France, 80% de la ville de demain est déjà construite.
Alors, pour améliorer les qualités de rejet au milieu naturel, les élus doivent forcément travailler sur des aménagements, comme celui-ci, innovants et duplicables.

Isabelle MOPIN - Vice-Présidente - Grand Poitiers Communauté Urbaine
« Nous avons un projet de déconnecter 200 pavillons sur un quartier près d’une rivière qui est en pente. L'intérêt de venir à Montrevault, c'était surtout de voir comment ça se configure, comment on peut créer ces espaces-là. Et comment on peut aider les citoyens à s'emparer du sujet qui, pour moi, est hautement écologique. Et c'est très intéressant que l'agence de l'eau nous aide, et sur le plan financier et sur le plan technique.»

Vincent Nalin - Chargé de mission eaux pluviales - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« C'est intéressant pour nous d'aller vers des villes plus vertes. On va avoir moins d'eau dans nos cours d'eau avec le changement climatique. Il faut impérativement qu'on revienne vers un cycle naturel de l'eau. L'agence de l'eau veut aller vers ce cycle naturel, remettre de l'eau aussi dans nos cours d'eau et éviter la pollution qui sera plus grave avec le changement climatique. »

LE BILAN

Voix-off :
Cet aménagement a fait chuter de 45 % les rejets d’eaux pluviales vers la station d'épuration.

Isabelle MOPIN - Vice-Présidente - Grand Poitiers Communauté Urbaine
« C'est de l'urgence à s'emparer de ces sujets. »

Madeline FUSS - Chargée de mission stratégie eaux pluviales - Mauges Communauté
« C'est duplicable, mais toujours avec les études adéquates pour arriver à une solution pérenne et qui fonctionne.»

Michel BENARD - Assistant maître d’ouvrage - Expert en eaux pluviales
« C'est d'une bonne concertation et d'une bonne préparation que découle un bon projet. »

Christophe Dougé - Maire - Montrevault-sur-Èvre (49) - Vice-président - Mauges communauté
« On est dans l'air du temps. L'idée, c'est d'entraîner les cinq autres communes des Mauges dans cette prise de conscience, de gérer autrement les eaux pluviales. »

[Musique]

La Rochelle (17) : Quand les cours d’écoles protègent les cours d’eau

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Aménagement GIEP

© Bleu Versant

Et si l'on pouvait, à la fois lutter contre la pollution, freiner les inondations, recharger les nappes et agir pour la biodiversité ? C'est ce challenge que relèvent l'Agglomération de La Rochelle, l’ONG « Bleu Versant » et l'agence de l'eau Loire-Bretagne, en transformant les cours bitumées des écoles en sol absorbant propice à accueillir les eaux de pluie.

La Rochelle, rendre l'eau à la ville : écouter le podcast des agences de l'eau

Cliquer sur l'image pour écouter le podcast
visuel du podcast sur la Rochelle : Redonner place à l'eau et à la nature en ville !

À La Rochelle, on dit adieu aux sols imperméables et on redonne de la place à l’eau en ville. En luttant contre l’artificialisation des rues, des écoles et des parcs, en créant des espaces végétalisés et en favorisant l'infiltration de l’eau, la ville s’adapte aux effets du changement climatique pour minimiser les risques d’inondations et redéfinir la gestion des eaux pluviales. Samia nous emmène découvrir une école primaire à Dompierre-sur-mer qui réinvente son rapport à l’eau et à la nature en impliquant les enfants dans le réaménagement de leur cour d’école.

Sous le bitume, l'Océan - Alstom - La Rochelle

Sous le bitume, l'Océan - Alstom - La Rochelle

Vidéo - Sous le bitume, l'Océan - Alstom - La Rochelle

© ONG Bleu Versant

Crédit : ONG Bleu Versant

Film explicatif de la démarche menée avec les équipes du site Alstom de La Rochelle dans le cadre du projet "Sous le bitume, l'Océan ". Retours sur l'action menée sur site lors d'une trentaine d'ateliers de co-conception autour de maquettes des espaces extérieurs.

Près de 300 collaborateurs mobilisés lors de cette opération pour repenser les usages, la végétation, les temps de pause sur le grand site industriel d'Alstom La Rochelle.

Gestion intégrée des eaux pluviales : halte aux idées reçues sur les moustiques

IllusMoustique.pngContrairement à une idée reçue tenace, les aménagements de gestion intégrée des eaux pluviales ne transforment pas la ville en réserve à moustiques. Bien conçus, ils favorisent l’infiltration rapide de l’eau et évitent les stagnations prolongées, que ces insectes apprécient tant. En réalité, les réseaux d’eaux pluvial, comme par exemple, les décanteurs en pied de gouttière avec de l’eau stagnante, leur offre souvent bien plus de confort qu’un jardin de pluie. Comme quoi, les moustiques aussi ont leurs préférences… et elles ne vont pas toujours là où on les imagine !

Plus d'informations sur le site du Graie : http://www.graie.org

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En savoir plus

Guides et ressources sur la gestion intégrée des eaux pluviales

Pourquoi évacuer la pluie par les sols plutôt que par les égouts ?
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L'agence de l'eau publie une foire aux questions spéciale "Gestion intégrée des eaux pluviales"
Agence de l'eau Rhin-Meuse

Infiltrer les eaux pluviales, c'est aussi maîtriser les flux polluants
Programme OPUR Laboratoire Eau, Environnement et Systèmes Urbains (Leesu)

La pluie une ressource essentielle - CEREMA
Pour apporter des réponses concrètes, cette plateforme portée par le Cerema propose les ressources essentielles pour s'engager dans la gestion durable des eaux pluviales.

Règles et recommandations pour la gestion des eaux pluviales - Lannion-Trégor Communauté
L’infiltration des eaux pluviales est la gestion à privilégier en application du SDAGE et de la plupart des textes règlementaires.

Nos ressources - Site ADOPTA
Association partenaire de l’agence de l'eau et de nombreuses collectivités : diffuse des données techniques sur la GIEP depuis 40 ans

Guides de collectivités

Guide technique : comment gérer les eaux pluviales dans les projets d'aménagement
Communauté d'agglomération de la Rochelle

Guide pratique GIEP
Saint-Brieuc Armor Agglomération

Gestion à la parcelle des eaux pluviales - Guide pratique des particuliers
Saint-Brieuc Agglomération