Usages de l’eau : changer les pratiques, construire la sobriété, partager les décisions

La solidarité entre les acteurs repose sur un principe fondamental : une gestion équilibrée et partagée de la ressource en eau entre les besoins des milieux naturels et les multiples usages.

L’alimentation en eau potable, l’agriculture, l’industrie, la production d’énergie ou encore les usages récréatifs dépendent tous de la disponibilité et de la qualité de l’eau.

Dans un contexte de dérèglement climatique et de pressions croissantes sur la ressource, ces usages peuvent entrer en tension, notamment en période de sécheresse. La solidarité consiste alors à définir des priorités, à réguler les prélèvements et à adapter les pratiques pour garantir un accès équitable et durable.

Cette solidarité se traduit par des mécanismes de régulation et de concertation entre les différents usagers. La définition des volumes prélevables par usage au sein des instances locales de dialogue (commissions locales de l'eau) permettent d’organiser le partage de l’eau et d’anticiper les conflits d’usage. Ils favorisent une approche collective, fondée sur la transparence et la responsabilité.

Elle implique également une évolution des pratiques. L’amélioration de l’efficacité des usages, la réduction des consommations, la réutilisation des eaux usées traitées ou encore le développement de solutions fondées sur la nature contribuent à limiter les tensions et à mieux gérer la ressource disponible.

Enfin, la solidarité entre les usages invite à reconnaître la place des milieux aquatiques eux-mêmes. Préserver les débits des rivières, les zones humides et les écosystèmes est une condition essentielle pour garantir, à long terme, la disponibilité et la qualité de l’eau pour l’ensemble des usages.

Les projets de territoire pour la gestion de l'eau : équilibrer besoins et ressource en eau

Les services de l’État et de l’agence de l’eau sont fortement mobilisés pour accompagner techniquement et financièrement l’élaboration des projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE).

Les PTGE sont des démarches concertées locales qui ont pour objectif le partage des prélèvements en eau entre les différents usages. Ces démarches PTGE sont des outils au service notamment des schémas d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) pour élaborer des programmes d’actions multi-usages visant le retour à l’équilibre quantitatif.

Un PTGE doit permettre d’atteindre, dans la durée, un équilibre entre besoins en eau et ressource disponible en respectant la bonne fonctionnalité des milieux aquatiques et en s’adaptant au changement climatique.

L’analyse HMUC (analyse croisée des volets hydrologie, milieux, usages et climat) est le socle des PTGE. Elle constitue la phase d’état des lieux et de diagnostic. Le PTGE est approuvé lorsque son programme d’actions et les volumes associés sont jugés compatibles avec les volumes prélevables arrêtés.

Sur le bassin Loire-Bretagne, 16 PTGE sont initiés. Ils couvrent 23 % du bassin. Les volumes prélevables sont en cours de définition, sur la base des analyses HMUC. Avec les tensions d’usage observées et face à l’urgence à agir, de nouveaux territoires pourraient initier des PTGE pour bénéficier de l’accompagnement de l’agence de l'eau.

Des pratiques agricoles au service de la préservation de l’eau

En Mayenne, un collectif d'agriculteurs relance la culture du pâturage

Animations pour le changement de pratiques agricoles favorables à la ressource en eau

Vidéo - Animations pour le changement de pratiques agricoles favorables à la ressource en eau

octobre 2025

© Une image à part / Agence de l'eau Loire-Bretagne

Des animations pour le changement de pratiques agricoles favorables à la ressource sur une aire d’alimentation de captages prioritaires
SENOM - Syndicat d’Eau du Nord-Ouest Mayennais

Étienne Briot – Agriculteur - Désertines (Mayenne) :
« On est au milieu d’une parcelle d'herbe et les vaches pâturent toute la journée. Elles sont presque en 100 % herbe aujourd’hui. J'ai 3 kilomètres de rivières sur ma ferme. Le pâturage, ça me permet de préserver la ressource en eau. »

Voix Off
Dans les prés d’Étienne - 36 ans, agriculteur mayennais, les 110 vaches laitières du troupeau pâturent désormais presque toute l’année.

Étienne Briot – Agriculteur - Désertines (Mayenne)
« J'ai 32 paddocks sur ma ferme,  ils font 1 hectare 40. Ça correspond aux besoins de 110 vaches pour une journée. Ça permet de tourner rapidement et de ne pas dégrader la flore des prairies. »

Voix Off
Le Nord-Ouest de la Mayenne est historiquement un territoire de polyculture, d’élevage, de production laitière. Étienne a lâché  les grandes cultures pour 50 hectares de pâturage. Ce changement de pratique agricole a été impulsé en 2017 par Valérie, ingénieure agricole, au SENOM, et Guillaume, un expert en pâturage.

Guillaume Baloche - Responsable PâtureSens
« On accompagne les éleveurs, à mieux valoriser leurs prairies au travers de formations, de conseils. Techniquement, on travaille moins le sol, donc on a moins de fuites de nitrates. Ils font moins de maïs, moins de cultures, parce qu'ils en ont moins besoin. »

Étienne Briot – Agriculteur - Désertines (Mayenne)
« J'ai moins de concentrés, des fourrages qui sont moins onéreux, de bien meilleures marges aux 1 000 litres de lait produits. »

Corinne Morel  - Chargée d'interventions - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« Ça permet d'éviter l'érosion des sols, moins d'utilisation de produits phytosanitaires. »

Valérie Cornu - Responsable de la protection de la ressource / Syndicat d’Eau du Nord-Ouest Mayennais
« Nous sommes producteurs d’eau. Notre métier, c'est de faire de l'eau potable. On est sur des enjeux nitrates, ça a un lien direct avec les pratiques agricoles, pour nous, c'est une évidence, il faut travailler avec les agriculteurs pour voir comment on peut aller vers un objectif commun. »

Voix Off
L’objectif commun, dans cette zone de captages prioritaires, c’est l’amélioration de la qualité de l’eau, parce qu’il y a moins de 10 kms entre la ferme et l’usine de production d’eau potable, alimentée par la rivière la Colmont.

Valérie Cornu - Responsable de la protection de la ressource / Syndicat d’Eau du Nord-Ouest Mayennais
« C'est ici qu'on va mesurer l'ensemble des efforts que font les agriculteurs en amont, au niveau de cette prise d'eau. On ne dépasse plus les 50 mg/L. Et là c’est du concret. On est vraiment sur une courbe descendante des teneurs en nitrates, donc c'est vraiment une grande satisfaction pour nous. »

Corinne Morel  - Chargée d'interventions - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« Les captages prioritaires sont inscrits dans nos priorités du 12ème programme. C'est primordial au niveau environnemental mais c'est aussi prioritaire par rapport à la distribution, à la consommation des habitants. »

Jean-Paul Gahery - Vice-président, chargé de la Qualité des eaux / Syndicat d’Eau du Nord-Ouest Mayennais
« Aujourd'hui, les taux de nitrates ont bien baissé. Donc, forcément, le coût du traitement va être moins élevé. On va mener d'autres actions, notamment par rapport aux matières en suspension, aux pesticides. Les enjeux sont également très forts. Sans l’agence de l'eau, on n’aurait sans doute pas embauché une animatrice bassin versant. Si on veut mener des actions auprès des agriculteurs, il nous faut absolument quelqu'un sur le terrain en permanence pour apporter de nouvelles techniques pour préserver l’eau. »

Voix Off
Alors, pour convaincre plus d’agriculteurs : l’accompagnement individuel se poursuit, des réunions publiques sont organisées.
30 éleveurs ont créé leur réseau et sont embarqués dans ces actions de développement du pâturage .

Guillaume Baloche - Responsable PâtureSens
« 4 fois par an, on se voit pour faire le point : où ils en sont sur leur pâturage et en même temps leur proposer des solutions pour améliorer leurs performances sur la production au pâturage. C'est hyper important qu'ils puissent communiquer les uns avec les autres. Mon rôle, c'est de leur apporter un petit plus pour que le prochain obstacle, ils l’abordent mieux, de manière à ce qu'ils aient de meilleurs résultats. »

Christophe Mongodin – Agriculteur - Colombier-du-Plessis (Mayenne)
« Dans un premier temps, les réunions étaient indispensables pour se former, pour apprendre à maîtriser le pâturage dynamique. Et maintenant, c'est plutôt un partage d'expériences, l'objectif c'est d'optimiser le pâturage pour diminuer mon coût de production et pour respecter l'environnement. »

Guillaume Baloche - Responsable PâtureSens
« Si on peut faire gagner les éleveurs et la collectivité par la qualité de l'eau, on va y arriver. »

Voix Off
Coût  global de l’action, sur 3 ans : 45 000 euros, financée à 50 % par l’Agence de l’eau Loire Bretagne.

Corinne Morel  - Chargée d'interventions - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« Cette action, elle est vraiment porteuse, on peut la dupliquer sur d'autres territoires, convaincre d'autres agriculteurs. »

Guillaume Baloche - Responsable PâtureSens
« Les surfaces en herbe progressent, les résultats générés d'un point de vue économique, humain, sont vraiment très bons. Certains éleveurs sont plus épanouis. »

Valérie Cornu - Responsable de la protection de la ressourceSyndicat d’Eau du Nord-Ouest Mayennais
Il faut persévérer et inscrire ces actions-là dans la durée. »

Étienne Briot – Agriculteur - Désertines (Mayenne)
« Préserver l'environnement le plus possible, ce sont des choses qui sont importantes pour moi. Mes enfants adorent travailler avec moi et je pense que je leur transmets de bonnes valeurs à travailler comme ça. Et à mon avis, ils prendront la suite. J’en suis presque certain. »

Les paiements pour services environnementaux pour la transition agroécologique

Les PSE, paiements pour services environnementaux reconnaissent et valorisent les efforts des agriculteurs dont les pratiques contribuent à préserver la qualité de l’eau. La rémunération est attribuée en fonction des performances environnementale des systèmes de production agricoles et des modalités de gestion des structures paysagères.

L’agence de l’eau accompagne 31 dispositifs PSE expérimentaux depuis 2021 et 2022 sur le bassin Loire-Bretagne. Dans le cadre de son 12e programme d’intervention, l’agence de l’eau a lancé un nouvel appel à projets visant à déployer ces dispositifs en 2026 et 2027, sur les aires d’alimentation de captages prioritaires et sur les baies algues vertes.

Gaëlle Prouvost, chargée de missions agriculture à l’agence de l’eau Loire-Bretagne

photo portrait de Gaëlle Prouvost - Agence de l’eau Loire-Bretagne

Gaëlle Prouvost

© Une image à part - aelb

« Cet outil est particulièrement intéressant pour favoriser la transition agroécologique : il est adapté aux problématiques de chaque territoire et est attractif pour les agriculteurs. Ces financements ont ainsi permis de relancer des dynamiques sur les territoires, impliquer des collectivités dans les projets et engager dans la transition des exploitations non mobilisées sur les autres outils déjà existants, notamment les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC). »

Le syndicat eau du pays de Saint-Malo soutient les agriculteurs dans la transition agroécologique

Dans le pays de Saint-Malo (35), la présence de pesticides et herbicides agricoles dans les bassins versants constitue un enjeu majeur de santé publique.

Pour protéger les captages d’eau potable, le syndicat eau du pays de Saint-Malo, avec le soutien de l’agence de l’eau Loire-Bretagne, soutient les agriculteurs dans la transition agroécologique, couverture des sols, allongements des rotations, remise en herbe, désherbage mécanique via des aides directes aux agriculteurs : conversion à l’agriculture biologique, mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC), paiements pour services environnementaux.

Comment protéger durablement la qualité de l’eau potable face aux pesticides ?

Vidéo - Comment protéger durablement la qualité de l’eau potable face aux pesticides ?

© Une image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne

Dans le pays de Saint-Malo, agriculteurs, collectivités et agence de l’eau agissent concrètement pour préserver les captages d’eau potable. Découvrez comment la transition agroécologique et les paiements pour services environnementaux (PSE) améliorent la qualité de l’eau.

La qualité de l’eau potable dépend directement de la qualité de l’eau brute. Sur le territoire du pays de Saint-Malo, 42 communes et 140 000 habitants sont alimentés par des retenues et usines de production d’eau potable. Or, la présence de pesticides et herbicides agricoles dans les bassins versants constitue un enjeu majeur de santé publique.

Pour protéger les captages d’eau potable, le Syndicat Eau du Pays de Saint-Malo, avec le soutien de l’agence de l’eau Loire-Bretagne, met en œuvre un programme d’actions ambitieux dans le cadre du 12e programme d’intervention.

Les acteurs économiques agissent pour préserver la ressource en eau

Dans le cadre de la préservation de la ressource en eau en lien avec le dérèglement climatique, l’agence de l’eau incite fortement les entreprises à mettre en place des actions de sobriété, actions dites « sans regret », qui permettent d’abaisser leur dépendance à l’eau.

Au cours de l’année 2025, plusieurs actions de ce type ont été accompagnées financièrement par l’agence, notamment en réduisant directement à la source sa consommation en eau. À titre d’exemple, la société Eclor boisson, en Ile-et-Vilaine (35), a réduit de plus de 75 % (- 25 270 m³/an) ses prélèvements en eau en changeant une ligne de process avec une technologie beaucoup plus économe en eau (investissement sur trois équipements : laveuse, soutireuse et pasteurisateur).

Parallèlement, en Vendée, la société Vif Argent a, elle, réduit de 40 000 m3/an sa consommation en eau grâce au remplacement de bacs permettant d’optimiser le nombre de conserves pasteurisées dans les autoclaves et en réduisant les temps de lavage et de pasteurisation.

Réduction de la consommation d'eau, équipements et nouvelles pratiques chez Bahier (72)

Réduction de la consommation d'eau, équipements et nouvelles pratiques chez Bahier

Vidéo - Réduction de la consommation d'eau, équipements et nouvelles pratiques chez Bahier

octobre 2023

© Une Image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne

Réduction de la consommation d’eau - Des équipements et de nouvelles pratiques dans l’entreprise Bahier à Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)

[Musique]

Voix-off :
L'entreprise Bahier depuis 1966 est une industrie à la campagne, au bord de la rivière.
Au cœur de la Sarthe, c'est le plus gros employeur du secteur, 450 salariés qui fabriquent chaque année 18 000 tonnes de boudins, de rillettes, de viande fraîche ou cuite.

Alban Cholet, Responsable sécurité environnement - Bahier - Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« Chez nous, l'eau fait partie intégrante du process pour fabriquer nos produits et surtout pour le nettoyage de nos ateliers de production qui sert à garantir une sécurité alimentaire de nos produits. »

Karine Leux, Chargée d’interventions spécialisée Industrie eau et urbanisme - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« L'économie d'eau, c'est un enjeu important aujourd'hui avec le dérèglement climatique pour les industriels. »

Cédric Falise, Directeur de production - Bahier - Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« L'industriel doit réfléchir autrement, penser autrement, analyser et comprendre pourquoi il consomme autant d'eau et regarder comment on peut économiser l'eau. »

Voix-off :
Production, nettoyage, refroidissement, 200 000 mètres cubes d'eau sont utilisés ici chaque année. Et c'est pour réduire cette consommation que des travaux ont été lancés en 2015.

Karine Leux, Chargée d’interventions spécialisée Industrie eau et urbanisme - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« Ce qui est intéressant ici, c'est qu'on a eu une succession de projets dans une démarche d'amélioration tous les ans, pas forcément des projets de grande ampleur, mais vraiment une politique régulière d'économie d'eau qui a porté ses fruits. »

Les actions

Voix-off :
Terminé le lavage manuel sans maîtrise de la consommation. Il a été remplacé par une laveuse de bacs avec un bonus, les eaux de rinçage sont récupérées.

Alban Cholet, Responsable sécurité environnement - Bahier - Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« Avant, ici, les opérateurs lavaient les cuves avec le jet d'eau, et désormais, la cuve est prélavée avec l'eau de rinçage qui est utilisée pour la cuve d’avant. Aujourd'hui, le lave-cuve permet de suivre la consommation d'eau et également de réduire nos consommations. »

Voix-off :
Dans l'atelier de conditionnement, le refroidissement indispensable des thermoformeuses, très consommateur en eau, se fait aujourd'hui en circuit fermé.

Alban Cholet, Responsable sécurité environnement - Bahier - Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« Avant, l’eau allait directement à l'égout et on repompait de l'eau potable pour refroidir nos thermoformeuses. Aujourd'hui, on est en circuit fermé. »

Voix-off :
Dans le process de fabrication, les condenseurs adiabatiques ont remplacé les deux tours aéroréfrigérantes.

Alban Cholet, Responsable sécurité environnement - Bahier - Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« Ici, on est sur le toit de la salle des machines qui permet la production de froid de l'ensemble du site. Nos tours aéroréfrigérantes qui permettaient la production de froid, ont été remplacées par ces condenseurs adiabatiques, que l’on voit derrière moi. Dans ces condenseurs, on n'utilise pas d'eau, on a supprimé l'utilisation de produits chimiques qui étaient utilisés dans les tours aéroréfrigérantes pour traiter l'eau. Donc avec ces condensateurs, on économise 90 % d'eau. »

Voix-off :
La relève des compteurs d'eau est automatisée. Elle permet d'identifier les dysfonctionnements et de traquer les fuites en temps réel.
Enfin, dans la station d'épuration, un nouveau système de filtration permet aujourd'hui de réutiliser les eaux usées traitées pour les lavages extérieurs et la préparation des réactifs. Le coût de l'ensemble des travaux : près de 292 000 euros, financés à 25 % par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Karine Leux, Chargée d’interventions spécialisée Industrie eau et urbanisme - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« Ça permet vraiment de le faire rapidement et de déclencher la décision. »

Eric Descombes, Créateur du projet environnement - Bahier - Maire de Sceaux-sur-Huismes (Sarthe)
« Oui, c'est incitatif, évidemment, l'opportunité est de se dire on va avoir du matériel performant pour mieux laver en consommant moins d'eau, c'est possible. »

Le bilan

Voix-off :
Cinq ans d'aménagement, cinq chantiers et 24 000 mètres cubes d'eau ont été économisés chaque année depuis cinq ans.

Alban Cholet, Responsable sécurité environnement - Bahier - Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« En 2015, on consommait treize litres d'eau pour faire un kilo de produit fini. À la fin de la mise en place de tous les différents chantiers, on est à dix litres pour produire un kilo de produit fini. »

Cédric Falise, Directeur de production - Bahier-Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« Notre démarche est totalement duplicable et il suffit de mettre les moyens et l'énergie nécessaire en y associant tous les acteurs de l'entreprise. Chaque personne est responsable pour réduire cette consommation. »

Karine Leux, Chargée d’interventions spécialisée Industrie Eau et urbanisme - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« Les estimations sont de -10 à -40 % de débit des cours d'eau ou de recharge des nappes. Donc il y a forcément un impact pour les industriels d'approvisionnement en eau de leur activité. Donc c'est vraiment important d'économiser au maximum, de rechercher la sobriété et de faire la même activité avec moins d'eau. »

Eric Descombes, Créateur du projet environnement - Bahier - Maire de Sceaux-sur-Huismes (Sarthe)
« Beaucoup de choses sont faites, il en reste encore au moins tout autant. Je ne serais pas étonné que dans les années qui viennent, on consomme encore beaucoup moins. »

Cédric Falise, Directeur de production - Bahier-Sceaux-sur-Huisne (Sarthe)
« On est garants de l'environnement qui nous entoure. Quand on est un industriel au cœur d'une campagne, il faut aussi penser aux futures générations. »

Voix-off :
Plus que jamais, pour les industriels, l'enjeu est donc économique, environnemental et durable.

Mise en place d'un procédé d'osmose inverse pour économiser l’eau pour Olga à Chateaubourg (35)

Mise en place d'un procédé d'osmose inverse pour économiser l’eau

Vidéo - Mise en place d'un procédé d'osmose inverse pour économiser l’eau

novembre 2025

© Agence de l'eau / Une image à part

Un procédé d'osmose inverse pour économiser l’eau - Entreprise Olga Sojasun - Châteaubourg – Ille-et-Vilaine

Voix Off

À moins de 3 kilomètres de la Vilaine, et dans un contexte de tensions croissantes sur la ressource en eau, le groupe Olga relève les défis : produire, innover, réduire la consommation d‘eau, et limiter les rejets.

Voix Off

L’entreprise agroalimentaire familiale et indépendante, compte 1 100 salariés et 3 sites bretons. Ici, à Châteaubourg, les 170 employés transforment chaque année, 8 000 tonnes de soja en 32 000 tonnes de boissons végétales, yaourts et desserts ultra-frais, une production qui nécessite 400 000 m³ d’eau chaque année.

Thierry Collineau - Responsable Industriel – Pôle végétal - Olga - Châteaubourg (35)

« La question de l'eau, elle est fondamentale et obsessionnelle. On y travaille au quotidien. L'eau, on la prend dans le réseau ou dans la nappe. Ce site, il est plutôt pilote effectivement en matière d’impact environnemental et en tout cas de préservation de l'environnement et de réduction des consommations d'eau. »

Jean-Charles Gallée Responsable Environnement, énergie, sécurité - Olga - Châteaubourg (35)

« On s'est rendu compte que l'eau n'était pas inépuisable, notamment pendant les derniers épisodes de sécheresse. C'est pourquoi, on met en place un certain nombre d’actions toujours dans la logique des 3R : Réduire, Réutiliser, Recycler. »

Voix Off

Recycler, pour moins consommer, grâce à un système innovant d’osmose inverse. Des dizaines de mètres de tuyaux, des super filtres : cette installation a été construite en 2023, pour purifier l’eau issue du process de transformation du soja.

Jean-François Quinton - Responsable d’atelier - Olga - Châteaubourg (35)

« On a 2 étages de filtres. Ce qui rentre à l'intérieur va passer par 15 étages de membranes avec des pores extrêmement fins. »

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« Et avec la pression, on va passer à travers les membranes d'osmose, éliminer les minéraux, virus et bactéries. Ce qui fait que de l'autre côté de la membrane, on va retrouver une eau complètement purifiée. »

Voix Off

Cette eau recyclée est notamment utilisée dans les chaudières et dans ces tours adiabatiques bâties en 2022.

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« C'est une tour adiabatique qui vient remplacer les tours aéroréfrigérantes classiques. Ce n’est plus de l'eau qu'on vient injecter dans la tour. C'est de l'air qui va passer à travers une structure cartonnée et qui va permettre de refroidir le produit. On fait du froid sans eau jusqu'à 26, 27 degrés.

Jérôme Lelièvre - Responsable énergie - Olga - Châteaubourg (35)

« Sur un système aéro, sur la même installation, on était à 9 000 m³ d'eau consommés. Là, on est à 1 000 m³ d'eau consommés par an. »

Voix Off

Pour réduire la consommation d’eau à chaque étape du process, les équipes ont été formées et de nombreux compteurs de télérelève mis en place. Ici, l’entreprise Olga a économisé 44 000 m³ d’eau chaque année grâce à l’osmose inverse et 86 000 m³ entre 2020 et 2024, 22 % de la consommation globale du site. Enfin, pour préserver le petit cours d'eau au faible débit proche de l'usine, l'industriel breton a construit une canalisation de 2 kilomètres pour rejeter les eaux de la station d'épuration.

Jean-Charles Gallée Responsable Environnement, énergie, sécurité - Olga - Châteaubourg (35)

« La construction d'une canalisation permet aujourd'hui de rejeter l'eau épurée directement dans la Vilaine où le milieu récepteur est plus propice. »

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« On est en Ille-et-Vilaine avec simplement 3 % des masses d'eau en bon état. Ce qui rend encore le travail plus compliqué pour les industriels pour trouver de l'acceptabilité en termes de rejets. »

Voix Off

Montant des investissements, ces 4 dernières années, sur le site de Châteaubourg, 3, 2 millions d’euros financés à 40 % par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« C'est un site exemplaire par tout ce qu'il a pu mettre en place avant pour économiser de l'eau, aujourd'hui, recycler de l'eau. Tout ça, on l'a accompagné. Effectivement les axes de sobriété sont des axes prioritaires de notre programme.»

Jean-Charles Gallée Responsable Environnement, énergie, sécurité - Olga - Châteaubourg (35)

« L’agence de l'eau a été un soutien essentiel. Sans ces aides, nous n’aurions pas pu investir autant ou en tout cas pas aussi vite. Pour la préservation en eau, la prochaine étape, avec l'apparition du décret REUSE, c'est d'aller plus loin, réutiliser de l’eau sortie de station d'épuration. L'entreprise d'Olga est pleinement engagée dans le cadre de sa vision 2035 pour préserver la ressource en eau. »

Jean-Pierre Rouault - Chargé d’interventions spécialisé - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« Le changement climatique est là. On pourrait très bien avoir des épisodes de sécheresse où on manque complètement d'eau. Donc là, c'est la rupture d'approvisionnement et c'est l'arrêt d'activité. Ça, c'est quelque chose qu'ils ont bien pris en compte aujourd'hui et qu'ils commencent même à intégrer dans leurs retours sur investissements. »

Olivier Clanchin - Président – Groupe Olga - Vice-Président de l’ABEA Association Bretonne Entreprises Agroalimentaires

« Au niveau régional, les entreprises de l'agroalimentaire sont engagées. On a pu réduire, au niveau du territoire, de 15 % notre consommation d'eau. Ce qui représente 6 millions de m³. Moi, ce que j'attends véritablement de l'agence de l'eau, c'est un soutien autour de tous les projets que l'agroalimentaire peut porter pour pouvoir amplifier ces logiques de recyclage de l'eau au sein de nos industries. »

Sobriété et solidarité

Mobiliser les acteurs locaux dans les territoires et favoriser la mise en place d'une gouvernance locale

Face aux sécheresses de plus en plus fréquentes et intenses, le syndicat mixte des bassins versants Arroux et Somme (SMBVAS) a initié un dialogue territorial pour une gestion partagée et durable de la ressource en eau. Cette démarche a mobilisé une diversité d’acteurs sur 152 communes : institutions, collectivités, représentants du milieu agricole, du milieu forestier, des associations, des gestionnaires eau potable, des élus. Objectif : construire ensemble des solutions adaptées aux enjeux du changement climatique et aux besoins du territoire.

Dialogue territorial sur la gestion quantitative de l'Arroux

Vidéo - Dialogue territorial sur la gestion quantitative de l'Arroux

novembre 2025

© Une image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne

Le dialogue territorial sur la gestion quantitative de l’Arroux - SMBVAS (Syndicat Mixte des Bassins Versants de l'Arroux et de la Somme)

Fabrice Voillot - Agriculteur – Charbonnat (71) - Ex-président du SMBVAS

«Prendre soin de la ressource en eau, ce n'est pas une contrainte, c'est une nécessité. »

Bérengère Duret - Chargée de mission  - Eau et biodiversité - CPIE du Pays de Bourgogne

« L'intérêt, c'est de le comprendre ensemble, parce qu'on ne peut pas agir tout seul.»

Jean-Pierre Morvan - Directeur - Délégation Allier-Loire amont - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« C'est un territoire qui est complètement percuté par le changement climatique.»

Jean-Marc Guilhem - Président - SMBVAS – Autun (71)

«On est dans l'urgence et il faut vraiment agir. »

Voix Off

2018, 2019, 2020 : sur ce territoire rural, agricole, forestier, industriel, bassins versants de la Somme et de l’Arroux, les sécheresses à répétition ont provoqué de fortes pressions sur la ressource en eau.

Jean-Pierre Morvan - Directeur - Délégation Allier-Loire amont - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« On a eu des sécheresses énormes qui ont causé une vraie inquiétude pour l'alimentation en eau des populations, pour l'économie aussi, avec des entreprises qui ont eu des difficultés. On n’était plus exactement le château d'eau qu'on pensait être. »

Jean-Marc Guilhem - Président - SMBVAS – Autun (71)

« On a régulièrement des assecs de ruisseaux, une rivière avec des débits qui sont vraiment très très bas. »

Fabrice Voillot - Agriculteur – Charbonnat (71) - Ex-président du SMBVAS

« On voit vraiment une évolution du climat sur nos exploitations. On a besoin de cette ressource en eau, pour l’abreuvement et sur nos sols. »

Voix Off

Du Grand Charolais au Bassin minier Creusot-Montceau, en passant par le Grand Autunois, ce vaste territoire regroupe 5 intercommunalités, 152 communes, 78 000 habitants et des usages de l’eau à concilier.

Jean-Marc Guilhem - Président - SMBVAS – Autun (71)

« Tout le monde est concerné. L'eau, c'est la vie. C'est un bien commun, un enjeu pour qu'on puisse fonctionner ensemble sur ce bassin versant et dans les meilleures conditions. »

Jean-Pierre Morvan - Directeur - Délégation Allier-Loire amont - Agence de l’eau Loire-Bretagne « Mais pour avoir l'action, il faut comprendre les peurs et les besoins de chacun. »

Bérengère Duret - Chargée de mission  - Eau et biodiversité - CPIE du Pays de Bourgogne

« On ne peut pas aller vers la solution sans, au préalable, avoir déjà posé les constats et les avoir partagés ensemble. »

Voix Off

Alors, pour comprendre, informer, expliquer : le Syndicat Mixte des Bassins Versants de l'Arroux et de la Somme a mis en place des ateliers de concertation, 9 en moins d’un an, 3 par zone géographique, destinés aux représentants de 80 structures différentes.

Aurélie Rabut - Animatrice Dialogue Territorial - Responsable projet  - SMBVAS – Autun (71)

« L'idée, c'était un partage de positions, un partage de visions. On avait les institutions, les collectivités, des représentants du milieu agricole, du milieu forestier, des associations, des fédérations, des gestionnaires eau potable, des élus. »

Voix Off

Près de 100 personnes ont participé aux ateliers co-pilotés par le CPIE Pays de Bourgogne, expert en accompagnement des territoires à la transition écologique.

Bérengère Duret - Chargée de mission  - Eau et biodiversité - CPIE du Pays de Bourgogne

« Ils ont envie de pouvoir échanger ensemble sur leurs problématiques, sur les difficultés qu'ils rencontrent et de savoir ce qui se passe, ce qui se met en place, ce qui se fait et ce qui marche pour pouvoir éventuellement le reproduire, l'adapter. C'est ça dont les gens ont besoin. »

Fabrice Voillot - Agriculteur – Charbonnat (71) - Ex-président du SMBVAS

« Il y a vraiment ce besoin de pédagogie à faire entre la météo du jour et le climat, la gestion des milieux aquatiques, de notre ressource en eau. »

Philippe Devillard - Délégué SMBVAS _ Conseiller municipal – Rigny-sur-Arroux (71)

« Ça ne peut que conforter d’aller à la rencontre des acteurs, des utilisateurs et de leur faire comprendre qu'il faut absolument gérer ce problème d'eau. Si on ne le gère pas, on va à la catastrophe. »

Voix Off

De mai 2023 à décembre 2024, cette action de concertation multi-acteurs sur la gestion de l'eau, a coûté 55 000 euros, financés à 50 % par l’agence de l’eau Loire-Bretagne.

Jean-Marc Guilhem - Président - SMBVAS – Autun (71)

« Financièrement, on ne peut pas se passer de l'agence de l'eau. Ce partenariat se passe très très bien. »

Jean-Pierre Morvan - Directeur - Délégation Allier-Loire amont - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« On est plutôt sur une animation locale. Nous, on vient en soutien mais on laisse faire les acteurs. »

Aurélie Rabut - Animatrice Dialogue Territorial - Responsable projet  - SMBVAS – Autun (71)

« On a 4 grandes thématiques qui sont ressorties sur le territoire : les questions de production agricole, production forestière, d'aménagement du territoire : urbanisme, occupation du sol, gestion des eaux pluviales, tout ce qui touche à l'eau potable et à l'assainissement, la biodiversité au fonctionnement des cours d'eau et des zones humides. »

Bérengère Duret - Chargée de mission  - Eau et biodiversité - CPIE du Pays de Bourgogne

« L'idée, c'est vraiment d'être dans la transversalité aussi, de faire le lien avec les PLU, les projets alimentaires, de mettre cette thématique eau au cœur de toutes les préoccupations. »

Fabrice Voillot - Agriculteur – Charbonnat (71) - Ex-président du SMBVAS

« Nous, en tant qu'agriculteurs, ce qu'on peut faire, c'est travailler sur la préservation de la ressource en eau, sur les milieux humides, sur les drainages, sur les captages. »

Jean-Pierre Morvan - Directeur - Délégation Allier-Loire amont - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« C'est un vrai travail de sensibilisation, notamment au niveau du monde agricole. Ce sont de nouvelles pratiques, un nouveau rapport à l'eau et il faut apprendre tout ça. »

Bérengère Duret - Chargée de mission  - Eau et biodiversité - CPIE du Pays de Bourgogne

« Nous continuons la mobilisation des habitants, du grand public, des scolaires, »

Aurélie Rabut - Animatrice Dialogue Territorial - Responsable projet  - SMBVAS – Autun (71)

« avec le dispositif “L'eau pour tous, tous pour l'eau” et des ateliers “Fresque de l'eau”, proposés aux élus locaux à la fois pour qu'ils puissent prendre conscience des enjeux et surtout identifier comment ils peuvent être moteurs et acteurs de ces actions.

Jean-Pierre Morvan - Directeur - Délégation Allier-Loire amont - Agence de l’eau Loire-Bretagne

« Le territoire avance. On est sur la première marche pour mettre en place une vraie politique de gestion quantitative. »

Jean-Marc Guilhem - Président - SMBVAS – Autun (71)

« Il faut passer à l'action, une action qui soit globalement efficace et qui dure dans le temps. »

Économie d'eau et sobriété des usages de la source au robinet, un vaste programme mené par la communauté de communes Loches Sud Touraine, en Indre-et-Loire

Face au changement climatique et aux restrictions d'usage de plus en plus fréquentes, la communauté de communes a fait de la lutte contre les fuites une priorité. Sur ce territoire de 67 communes, un tiers du département d'Indre-et-Loire et 1 728 km de réseaux, des canalisations datant des années 1950, abîmées et fuyardes, perdaient une grande quantité d'eau.

Un programme concret pour économiser l'eau :

  • 10 km de canalisations remplacées en moins de 2 ans sur 9 chantiers.
  • 5 réservoirs d'eau réhabilités et rendus étanches.
  • 25 000 compteurs individuels remplacés par des compteurs télé-relevables, avec au moins 4 relevés par an pour détecter les fuites au plus vite.
  • Un logiciel de supervision qui surveille les débits en temps réel : une hausse anormale du débit nocturne signale une fuite, et une équipe intervient dès le lendemain.

Résultats et investissement :

  • 34 000 m³ d'eau économisés chaque année sur le territoire.
  • 4 millions d'euros de travaux, financés à 50 % par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.
  • Une démarche rendue possible par la prise de compétence eau à l'échelle intercommunale, qui permet de mutualiser les moyens et d'agir sur tout le cycle de l'eau.

Un exemple de gestion intégrée et transversale, entièrement reproductible sur d'autres territoires.

Économie d'eau et sobriété des usages de la source au robinet

Vidéo - Économie d'eau et sobriété des usages de la source au robinet

septembre 2024

© Agence de l'eau Loire-Bretagne / Une image à part

Économie d’eau et sobriété des usages
De la source au robinet
Communauté de communes LOCHES SUD TOURAINE (Indre-et-Loire)

Loïc BABARY, Maire de Reignac-sur-Indre.
« L’eau c'est quand même un bien précieux pour nos collectivités. »

Jean-Paul CHARRIER, Maire de Preuilly-sur-Claise.
« L'été dernier, il y a eu de très très grosses inquiétudes. »

Francis BAISSON, Maire de Saint-Flovier, Vice-président Eau et Assainissement, Communauté de communes Loches Sud Touraine.
« Le changement climatique nous a indiqué qu'il fallait essayer de faire autrement. »

Flavien PRADEAU, Directeur des régies eau et assainissement, Communauté de communes Loches Sud Touraine.
« Il est temps d'agir pour minimiser cet impact. »

Voix-off :
À Loches, au pied du donjon, c'est l'un des gros chantiers du moment, le remplacement de 150 mètres de canalisations et la reprise de 27 branchements.

Stéphane BRANCHUT, Ingénieur Responsable études et travaux eau et assainissement Communauté de communes Loches Sud Touraine.
« Voilà typiquement ce qu'on a ici, sur la ville de Loches. Les canalisations des années 50 sont toutes relativement abîmées et carrément fuyardes.

Voix-off :
Sur le territoire de la communauté de communes Loches Sud Touraine, un vaste programme de remplacement de canalisations fuyardes a donc démarré. En moins de 2 ans sur 9 chantiers, 10 kilomètres de canalisations vont être changés, comme ici sur ce court tronçon, l'artère principale de Reignac-sur-Indre.

Loïc BABARY, Maire de Reignac-sur-Indre.
« Il a été entrepris le changement complet du réseau d'eau sur cette partie de voirie avec la reconnexion de toutes les maisons sur le nouveau réseau. »

Flavien PRADEAU, Directeur des régies eau et assainissement, Communauté de communes Loches Sud Touraine.
« On savait sur ce tronçon de canalisations, qu'on avait déjà réparé 6 fuites. C’est pour ça qu'il a été décidé de prioriser le renouvellement des conduites d'eau, donc potentiellement moins de pertes d'eau sur ces réseaux. »

Voix-off :
Sur ce vaste territoire, 67 communes, un tiers de la superficie du département d'Indre-et-Loire,
la chasse au gaspillage est donc lancée. 5 réservoirs d'eau potable ont été réhabilités grâce au renouvellement de l'étanchéité intérieure et extérieure.
Du château d'eau, le site de production, au robinet des abonnés, 5 compteurs de sectorisation sont posés. Et chez les habitants, comme ici, à Preuilly-sur-Claise, 550 compteurs individuels ont été remplacés. Ils sont désormais télé-relevables.

Flavien PRADEAU,
« Aujourd'hui, on a plus de 80 000 mètres cubes de fuites perdues après compteur, donc sur les réseaux privatifs. Donc on a décidé de s'attaquer aussi à ces mètres cubes perdus : d'une relève par an, on va passer à minimum quatre relèves par an. On a 25 000 compteurs le territoire, on est en train de les changer en moins de 2 ans. »

Voix-off :
Plus de compteurs, plus de relevés chez les particuliers, pour un objectif : détecter les fuites et les réparer le plus vite possible. Et pour surveiller efficacement les 1 728 kilomètres de réseaux du territoire, Aurore et son équipe surveillent les courbes de ce logiciel de supervision.

Flavien PRADEAU, Directeur des régies eau et assainissement, Communauté de communes Loches Sud Touraine.
« En temps réel, on connaît les débits qui passent dans les compteurs d'eau sur une zone géographique donnée. Si en débit nocturne, on augmente de façon significative, c'est qu'on a normalement une fuite. Donc ensuite, on envoie un agent sur place. Dès qu'il a trouvé, le lendemain, une équipe vient réparer la fuite. »

Voix-off :
Exemple à Reignac-sur-Indre. La canalisation fuyarde sous le pont vient d'être rénovée.
Au-delà des fuites, les consommations d'eau sont traquées, comme ici à la station d'épuration.
Un circuit a été installé pour limiter la consommation d'eau potable pour le nettoyage.

Stéphane BRANCHUT, Ingénieur Responsable études et travaux eau et assainissement
Communauté de communes Loches Sud Touraine.
« On a repris l'eau depuis la sortie du clarificateur, de l'eau donc épurée, avant de repartir au milieu naturel, elle est réutilisée. Ça représente aujourd'hui plus de 2 000 mètres cubes d'eau potable économisés, 3 % de la consommation de la commune de Reignac-sur-Indre. »

Voix-off :
À Saint-Flovier, au cœur de la commune, une cuve de récupération et de stockage d'eau de pluie vient d'être remise en fonctionnement.

La concertation

Voix-off :
Études, travaux, compteurs, montant de la facture : 4 Millions d'euros pour ces chantiers pilotés par la communauté de communes, en concertation avec les élus.

Francis BAISSON, Maire de Saint-Flovier, Vice-président Eau et Assainissement,
Communauté de communes Loches Sud Touraine.
« La prise de conscience ça a été quand il y a eu la prise de compétence par la communauté de communes. Il y a des communes qui continuaient à exercer leurs compétences mais qui ne faisaient pas de travaux, qui avaient beaucoup de pertes d'eau. Donc la prise de compétence a permis de faire un état des lieux et ensuite de prendre conscience de ce qu'il fallait faire. »

Jean-Paul CHARRIER, Maire de Preuilly-sur-Claise.
« Le travail en commun qui est réalisé au sein de la communauté de communes est un travail vraiment extrêmement bénéfique. Les gros investissements, bien sûr, conditionnent le prix de l'eau. Tout ça est défini en amont, ça fait partie du plan pluriannuel d'investissement.
Si Preuilly-sur-Claise était resté en régie communale, nous aurions de gros problèmes aujourd’hui. Donc le fait de mutualiser, de travailler ensemble, c’est une solution je dirai incontournable. »

Le bilan

Voix-off :
En 4 ans, l'agence de l'eau Loire-Bretagne a financé 50 % des études et travaux engagés.

Henri-Noël LEFEBVRE, Chargé d’interventions spécialisé, Agence de l’eau Loire-Bretagne.
« Ce type de chantier est complètement duplicable sur les autres communautés de communes et dans l'avenir, avec le changement de programme, c'est vraiment un sujet sur lequel l'agence de l'eau Loire-Bretagne continuera à investir et à accompagner les collectivités. »

Francis BAISSON, Maire de Saint-Flovier, Vice-président Eau et Assainissement, Communauté de communes Loches Sud Touraine.
« On fonctionne très bien avec l'agence de l'eau Loire-Bretagne, ils nous boostent, ils nous accompagnent, c'est essentiel. »

Carole KERVÉVAN, Directrice régionale adjointe, Agence de l’eau Loire-Bretagne.
« Ce qui est important en fait, c'est que cette communauté de communes exerce les 3 compétences obligatoires, c'est à dire l'assainissement, l'eau potable et la gestion des milieux aquatiques, la prévention des inondations. Donc ça lui permet d'agir de manière globale.
L'ensemble de ces actions touche finalement l'ensemble du cycle de l'eau et ça rentre complètement dans les objectifs de l'agence de l'eau Loire-Bretagne d'avoir cette vision intégrée, transversale, multi-partenariale. Cette transversalité,aujourd'hui, est devenue extrêmement importante dans un contexte de dérèglement climatique. »

Voix-off :
Sur ce territoire, les travaux effectués ont déjà permis d'économiser 34 000 mètres cubes d'eau chaque année.

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