Transition agroécologique : protéger l'eau durablement
Vidéo - Transition agroécologique : protéger l'eau durablement
Transcription textuelle de la vidéo
juillet 2026
© Une image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne
Un territoire engagé dans la transition écologique de l’agriculture pour préserver la qualité de l’eau – Eau du Pays de Saint-Malo – Ille-et-Vilaine (35)
Voix off
Des portes de la Manche à la rive gauche de la Rance, 4 retenues comme celle-ci et 3 usines alimentent en eau potable les 42 communes et 140 000 habitants de ce territoire.
Jean-Francis Richeux – Président Eau du Pays de Saint-Malo :
« Notre travail, c'est d'avoir une eau de haute qualité. C'est ici que ça se joue. »
Michel Penhouët – Vice-président Eau du Pays de Saint-Malo :
« La qualité de l'eau potable dépend beaucoup de la qualité de l'eau brute. »
Bérangère Hennache – Responsable de la protection de la ressource en eau – Eau du Pays de Saint-Malo :
« Dans l'eau, on retrouve les pesticides et notamment les herbicides utilisés sur les cultures de blé et de maïs. »
Voix off
Protéger l'eau est donc une priorité pour le Syndicat Eau du Pays de Saint-Malo, notamment autour des 2 captages et des 250 exploitations agricoles de ce territoire de 100 km2.
Marie Dorso – Chargée d’études agriculture – Agence de l’eau Loire-Bretagne :
« L’agence de l'eau Loire-Bretagne accompagne des programmes d'actions agricoles volontaires en préventif, ambitieux pour répondre aux enjeux du territoire, pour arriver au final à une eau de meilleure qualité. Et dans le cadre de notre 12ᵉ programme d'intervention, on a aussi recentré l'action sur les territoires à enjeu eau potable. »
Michel Penhouët – Vice-président Eau du Pays de Saint-Malo :
« On est là pour dire à des agriculteurs : il faut faire des efforts et le combat, on ne le gagne qu'avec les agriculteurs. »
Les actions accompagnées par l’agence de l’eau Loire-Bretagne
Hubert Catroux – Chargé de missions milieux naturels – Agence de l’eau Loire-Bretagne, Délégation Armorique :
« Ça va faire 10 ans que l'agence de l'eau accompagne financièrement le territoire pour améliorer l'état écologique des masses d'eau. Elle a construit un programme d'actions, financé au sein d'un accord de territoire. Ça représente 6 800 000 euros de projets, de travaux. »
Voix off
Premier levier : accélérer la transition agroécologique. Couverture des sols, allongement des rotations, remise en herbe, désherbage mécanique via des aides directes aux agriculteurs : la Conversion à l'Agriculture Biologique, les Mesures Agroenvironnementales et Climatiques et les PSE, Paiements pour Services Environnementaux, une expérimentation lancée en 2021 qui valorise les efforts des agriculteurs.
Gaëlle Prouvost – Chargée de missions agriculture – Agence de l’eau Loire-Bretagne :
« Les 31 dispositifs PSE financés par l'agence de l'eau visent des enjeux divers : la restauration de la qualité de l'eau potable, la préservation des zones humides, la lutte contre la prolifération des algues vertes et la réduction des transferts et de l'érosion. »
Marion Soulé – Conseillère Agronomie et Bassins Versants – Chambre d’Agriculture de Bretagne :
« Les idées de mesures sont venues des agriculteurs qu'on a rencontrés sur le territoire. On est sur une parcelle en bordure de cours d'eau et en partie en zone humide. »
Olivier Aubry – Eleveur et céréalier – Plerguer (Ille-et-Vilaine) :
« C'était des parcelles précédemment en maïs qu'on a réimplantées en herbe. Sur la partie maïs, sur les terres qui sont mises en PSE, on bénéficie d'une aide au désherbage mécanique qui nous a incités à limiter l'usage de phytos. S'il n'y avait pas de compensation, on serait beaucoup plus réticents à le mettre en œuvre. »
Marion Soulé – Conseillère Agronomie et Bassins Versants – Chambre d’Agriculture de Bretagne :
« Sur le désherbage mécanique, il est rémunéré 50 € par hectare. »
Olivier Aubry – Eleveur et céréalier – Plerguer (Ille-et-Vilaine) :
« On arrive à avoir un maïs qui se développe et c'est le but à atteindre. »
Yvan Hurvois – Chargé de missions agriculture – Agence de l’eau Loire-Bretagne, Délégation Armorique :
« Le PSE sort les acteurs du cadre institutionnel. Ça peut faire avancer les choses plus facilement au niveau local. Le principal attrait qu'on y voit, c'est de les faire progresser dans des pratiques qui sont plus vertueuses en matière d'environnement. »
Voix off
Résultat ici, en 4 ans, plus 9 % de surfaces en herbe sans phyto sur le bassin versant et désormais 30 % de maïs désherbé mécaniquement. »
Bérangère Hennache – Responsable de la protection de la ressource en eau – Eau du Pays de Saint-Malo :
« Ce qu'on a constaté depuis la mise en place du PSE, c'est qu'on retrouve beaucoup moins d'herbicides dans l'eau. »
Michel Penhouët – Vice-président Eau du Pays de Saint-Malo :
« Dans les prochains PSE, on a prévu aussi de rémunérer l'agriculteur pour le travail de sa haie. »
Voix off
Deuxième levier : développer et structurer de nouvelles filières.
Loïc Cochard – Entreprise Ter-Qualitech – Ille-et-Vilaine :
« Donc là, on est sur une parcelle de blé noir, ça va dans presque tous les types de sols sans aucun intrant phytosanitaire, une culture très peu consommatrice d'eau. On arrive à faire des marges à l’hectare qui sont très intéressantes. Le moulin de Roncin à Ploërmel collecte tout le blé noir de l'association Vivaterr, le transforme dans son moulin et le vend à ses différents clients. Il y a vraiment de bons retours en termes de qualité de farine et de qualité gustative. »
Bérangère Hennache – Responsable de la protection de la ressource en eau – Eau du Pays de Saint-Malo :
« La farine, elle est vraiment valorisée localement. C'est quand même très intéressant et très gratifiant pour nous, producteurs d'eau, de savoir que les cultures, elles sont produites localement, mais aussi dégustées localement. »
Loïc Cochard – Entreprise Ter-Qualitech – Ille-et-Vilaine :
« On a commencé avec une trentaine d'hectares la première année, on est autour de 550 cette année.
Voix off
Troisième levier : aménager les bassins versants et maîtriser le foncier. Ici, le Syndicat a acheté 25 hectares de parcelles, louées aux agriculteurs sous conditions : la culture zéro phyto du blé et du maïs ou la remise en herbe des parcelles fragiles.
Bérangère Hennache – Responsable de la protection de la ressource en eau – Eau du Pays de Saint-Malo :
« Il y a une couverture permanente toute l'année du sol. Un des objectifs, c'est de limiter le ruissellement pour limiter le transfert de pesticides vers notre retenue de production d'eau potable. »
Voix off
Un investissement de 140 000 euros, soutenu à 70 % par l'agence.
Le bilan
Jean-Francis Richeux – Président Eau du Pays de Saint-Malo :
« L'accompagnement technique, les contacts avec l'agence de l'eau sont toujours dans le progrès. »
Bérangère Hennache – Responsable de la protection de la ressource en eau – Eau du Pays de Saint-Malo :
« C'est un bilan très positif. On est tous mobilisés pour une eau plus propre. Il y a un enjeu de santé publique. »
Fabien Yacinthe – Coordinateur Accord de Territoire :
« Chaque action compte. Ça doit être l'objectif de tous d'avoir une eau la plus pure possible pour tous les usagers. L'eau potable, c'est fondamental. Et après, il y a tous les autres usagers en aval, dont les professionnels conchylicoles qui ont plus de 500 emplois à la clé. »
Olivier Aubry – Eleveur et céréalier – Plerguer (Ille-et-Vilaine) :
« L'environnement, c'est quelque chose de très important. On est obligé d'en prendre conscience si on veut, dans la continuité de notre activité, réussir à conjuguer la protection de l'eau et notre revenu. »
Bérangère Hennache – Responsable de la protection de la ressource en eau – Eau du Pays de Saint-Malo :
« C’est en travaillant tous ensemble et avec les gens sur le terrain, qu'on va y arriver. »
