S'adapter avec les solutions fondées sur la nature

Les solutions fondées sur la nature sont des leviers pour s'adapter au changement climatique. Gestion intégrée des eaux pluviales, notamment en ville, pour infiltrer l’eau là où elle tombe en repensant les aménagements et les constructions. Restauration des rivières et des milieux humides afin d’en améliorer les fonctionnalités et la résilience. Aménagements parcellaires de lutte contre le ruissellement et l’érosion... Autant de solutions pérennes à moindre coût.

Les solutions fondées sur la nature, un levier

Si l’essentiel des aides de l’agence visent l’atteinte du bon état des eaux et concourent à rendre le milieu aquatique plus résilient aux changements climatiques, celles qui visent les solutions fondées sur la nature apportent des bénéfices supplémentaires

Les solutions fondées sur la nature (SFN) s’appuient sur des éléments naturels qui permettent de résoudre des problèmes environnementaux. Elles présentent le plus souvent des coûts d’investissements et d’exploitation plus faibles que la création d’infrastructures artificielles pour le même service.

Dans le domaine de l'eau, les solutions fondées sur la nature favorisent le ralentissement des écoulements, l'augmentation des temps de transfert de l'amont à l'aval, l'infiltration et la rétention d'eau. Elles constituent des solutions fiables et pérennes et permettent également de répondre à d’autres enjeux comme l'épuration des eaux et/ou  la préservation de la biodiversité

La végétalisation en milieu urbain, dans le cadre d’opérations d’infiltration des eaux pluviales permet, par exemple, d’éviter les surcharges des systèmes d’assainissement mais également de prévenir les inondations, d’améliorer le cadre de vie, la biodiversité et de rafraîchir la ville.

Des milieux aquatiques fonctionnels

L'amélioration du fonctionnement des milieux aquatiques par l'effacement de plans d'eau, la restauration des zones humides ou de la forme des cours d'eau font partie des solutions fondées sur la nature qui permettent de limiter les effets du changement climatique. Par exemple une zone humide qui fonctionne bien, telle une éponge en période de pluie, limite les inondations en absorbant l'eau en excès qu'elle restituera lors de la saison sèche.

Éliane Auberger

Photo d'Éliane Auberger

© Contacter Agence de l'eau Loire-Bretagne

« Les actions menées par le conservatoire d'espaces naturels d'Auvergne s’inscrivent toutes dans le grand cycle de l’eau. Elles privilégient la fonctionnalité et la résilience des milieux aquatiques. Que ce soit dans l’accompagnement des éleveurs sur la préservation des zones humides de têtes de bassin versant (conduite de travaux de restauration des tourbières et des marais) ou encore dans la restauration de l’espace de libre fonctionnement de la rivière Allier (suppression d’enrochements sans intérêt aujourd’hui), la logique est la même : privilégier le bon fonctionnement des milieux aquatiques et leur résilience pour maximiser les services écosystémiques.

C’est au sein de l’agence de l'eau, un partenaire majeur du conservatoire, et de ses instances que se forge une partie importante du dialogue autour du partage et du bon usage de l’eau, enjeu rendu encore plus prégnant par le changement climatique. »

Éliane Auberger, présidente du conservatoire d'espaces naturels d'Auvergne

Des pratiques agro-écologiques en faveur de l'eau

Le déploiement des pratiques agro-écologiques (prairies, couverture des sols, agroforesteries, dispositifs tampons comme les haies) contribue à l'adaptation au changement climatique. Elles limitent l'assèchement des sols en préservant la porosité, la structure ou la matière organique, gage d'un sol vivant . Elles diminuent la vitesse de ruissellement de l'eau...

Une gestion des eaux de pluie intégrée à l'urbanisme

L'eau pluviale est une ressource  essentielle pour rendre la ville résiliente au changement  climatique. Jardins de pluie, noues et toitures végétalisées stockantes… font partie des techniques « vertes » de végétalisation, de désimperméabilisation pour mieux gérer l'eau  là où elle tombe. Étendre la végétation, par exemple, dans les cours d’école, les cimetières est un moyen d'avoir plus de faîcheur lors des périodes chaudes et un cadre de vie plus agréable.

Déconnexion des eaux pluviales des chaussées, habitations et bâtiments communaux

Vidéo - Déconnexion des eaux pluviales des chaussées, habitations et bâtiments communaux

Déconnexion des eaux pluviales à Montrevault-sur-Èvre (49)

mai 2022

© Une image à part - Agence de l'eau Loire-Bretagne

Déconnexion des eaux pluviales des chaussées, habitations et bâtiments communaux - Montrevault-sur-Èvre (49)

[Musique]

Voix-off :
Montrevault-sur-Èvre, c’est une commune nouvelle, au cœur des Mauges, dans le Maine et Loire, 16 000 habitants dans un bassin agricole, et industriel, baigné par l’Èvre, un affluent de la Loire.

LE CONSTAT

Voix-off :
Ici, comme dans beaucoup de villes françaises, le réseau d’évacuation d’eau est unitaire. C’est un même tuyau qui évacue vers la station d’épuration : les eaux sales, domestiques, sanitaires, et les eaux propres, comme la pluie des toitures.

Mais en cas d’intempéries : les eaux engorgent les réseaux. Les stations d’épuration débordent, et génèrent une pollution de la rivière en contre-bas de la commune.

LE PROJET

Voix-off :
À Montrevault-sur-Èvre, 135 maisons dans ce quartier des années 60, la commune a donc lancé un vaste chantier : la gestion intégrée des eaux pluviales. Depuis la fin des travaux, les élus multiplient les visites pédagogiques, à la demande des collectivités.
Première étape, les parkings de la mairie. Désormais, ils sont perméables.

Christophe Dougé - Maire - Montrevault-sur-Èvre (49) - Vice-président - Mauges communauté
« On est sur le parking de l'hôtel de ville. On n'avait pas la place pour mettre des espaces verts. On a choisi d'avoir une voirie perméable. L'enrobé est poreux et on traite les eaux pluviales avec une chaussée réservoir. »

Voix-off :
Devant les maisons, des espaces verts, creux, des noues, ont été créées puis végétalisées.

Madeline FUSS - Chargée de mission stratégie eaux pluviales - Mauges Communauté
« C'est une noue. Elle sert en fait à collecter et à infiltrer les eaux pluviales de la voirie.
L'idée, c'est d'augmenter la surface d'espaces verts dans la rue de manière à avoir le plus grand volume possible à infiltrer. »

Voix-off :
Devant chaque maison neuve, des échelles d’eau, des caissons, étalent l’eau des toitures.
Enfin, pour les habitations plus anciennes, les particuliers ont eu carte blanche pour déconnecter leurs eaux pluviales des réseaux d'eaux usées.

Daniel CHAUVAT - Habitant de Montrevault-sur-Èvre (49)
« J'ai déconnecté ma descente et avec un tuyau étanche, par la pression, l'eau remonte de chaque côté des parterres. Et puis derrière, j'ai deux cuves de 1000 litres et une troisième qui est prête à être installée pour arroser ma serre et mon jardin. »

Marc Lefort - Habitant de Montrevault-sur-Èvre (49)
« J'ai modifié les descentes de dalles, les passages sont aériens au lieu de passer en souterrain. Donc ça va dans le jardin. Ça permet à l'eau de s'infiltrer, de réalimenter les nappes phréatiques.»

LA CONCERTATION

Voix-off :
Le chantier s’est achevé à l’automne 2021, mais les études et les réunions publiques ont démarré en 2018. Parce que la sensibilisation, l’adhésion des riverains, sont déterminantes pour ce type de projets.

Cécile LEMOUL - Chargée d’action - Centre permanent d’initiative pour l’environnement
« Ce qui peut effrayer, c'est parfois l’impression que ça va être coûteux ou que ça va demander des gros travaux. On est allé proposer aux habitants de se rencontrer et d'échanger directement dans leur jardin pour les convaincre, parce que c'est un changement de pratiques aussi, un changement de regard sur la ressource en eau. »

Voix-off :
Désormais, les eaux pluviales s’infiltrent donc dans des espaces qui ne sont pas uniquement dédiés à l’eau, des espaces verts ou des chaussées perméables par exemple.
Bref, le problème d’assainissement, est devenu un projet de voirie.

Christophe Dougé - Maire - Montrevault-sur-Èvre (49) - Vice-président - Mauges communauté
« Le fait de ne pas faire la double canalisation séparative, ça nous a payé la voirie. »

Michel Bénard - Assistant maître d’ouvrage – Expert en eaux pluviales
« Les résultats, c'est que ça coûte moins cher. Vous avez contribué à résoudre le problème de déversement d'eaux sales dans l'Èvre, mais vous avez aussi fait un projet de voirie un peu plus qualitatif. On va recharger  les nappes, on amène de la biodiversité en ville. Donc il n’y a aucune raison de ne pas le faire. »

LE BUDGET

Voix-off :
Coût total de l’aménagement : 650 000 euros financés en partie par l’agence de l’eau Loire Bretagne.

Laurent Thaunat - Chargé d’intervention - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« L'agence a participé à la déconnexion des eaux pluviales pour la partie publique et a apporté une enveloppe de 200 000 euros. »

Christophe Dougé - Maire - Montrevault-sur-Èvre (49) - Vice-président - Mauges communauté
« L'agence nous permet aussi de financer des postes dédiés pour accompagner les riverains, les collectivités à s'approprier la gestion des eaux pluviales. »

Voix-off :
En France, 80% de la ville de demain est déjà construite.
Alors, pour améliorer les qualités de rejet au milieu naturel, les élus doivent forcément travailler sur des aménagements, comme celui-ci, innovants et duplicables.

Isabelle MOPIN - Vice-Présidente - Grand Poitiers Communauté Urbaine
« Nous avons un projet de déconnecter 200 pavillons sur un quartier près d’une rivière qui est en pente. L'intérêt de venir à Montrevault, c'était surtout de voir comment ça se configure, comment on peut créer ces espaces-là. Et comment on peut aider les citoyens à s'emparer du sujet qui, pour moi, est hautement écologique. Et c'est très intéressant que l'agence de l'eau nous aide, et sur le plan financier et sur le plan technique.»

Vincent Nalin - Chargé de mission eaux pluviales - Agence de l’eau Loire-Bretagne
« C'est intéressant pour nous d'aller vers des villes plus vertes. On va avoir moins d'eau dans nos cours d'eau avec le changement climatique. Il faut impérativement qu'on revienne vers un cycle naturel de l'eau. L'agence de l'eau veut aller vers ce cycle naturel, remettre de l'eau aussi dans nos cours d'eau et éviter la pollution qui sera plus grave avec le changement climatique. »

LE BILAN

Voix-off :
Cet aménagement a fait chuter de 45 % les rejets d’eaux pluviales vers la station d'épuration.

Isabelle MOPIN - Vice-Présidente - Grand Poitiers Communauté Urbaine
« C'est de l'urgence à s'emparer de ces sujets. »

Madeline FUSS - Chargée de mission stratégie eaux pluviales - Mauges Communauté
« C'est duplicable, mais toujours avec les études adéquates pour arriver à une solution pérenne et qui fonctionne.»

Michel BENARD - Assistant maître d’ouvrage - Expert en eaux pluviales
« C'est d'une bonne concertation et d'une bonne préparation que découle un bon projet. »

Christophe Dougé - Maire - Montrevault-sur-Èvre (49) - Vice-président - Mauges communauté
« On est dans l'air du temps. L'idée, c'est d'entraîner les cinq autres communes des Mauges dans cette prise de conscience, de gérer autrement les eaux pluviales. »

[Musique]

Repères 2021 - S'adapter au changement climatique

  • 45 % du programme d'intervention de l'agence consacré au changement climatique
  • 89 millions d’euros d’aides accordés par l’agence de l’eau au bénéfice des solutions fondées sur la nature.

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